Bruxelles, 24/11/2005 (Agence Europe) - Les évêques membres de la Commission des Episcopats de la Communauté européenne (COMECE) ont tenu leur réunion plénière d'automne du 16 au 18 novembre à Bruxelles. Au cours de cette rencontre, ils ont notamment évoqué la question du « plan D » (pour Démocratie, Dialogue et Débat) présenté par la Commission européenne après les « non » français et néerlandais sur le Traité constitutionnel, et ont adopté deux déclarations, sur une stratégie européenne pour les familles et sur le financement de la recherche et l'éthique. « L'Europe traverse aujourd'hui une crise d'identité très grave, très profonde », constate Monseigneur Josef Homeyer, président de la COMECE. « Il existe des angoisses autour des changements économiques, sur les questions d'immigration, etc. (…). Malgré cette évolution négative, on constate que les nouveaux Etats membres sont reconnaissants d'avoir adhéré à l'UE, ils ont de nouvelles perspectives et de nouveaux espoirs (…). Il n'y a donc pas que du désespoir, il y a aussi de l'optimisme et de l'élan », dit-il aussi. Dans ce contexte, la COMECE soutient le plan D lancé par la Commission européenne et souhaite y participer en s'engageant à communiquer sérieusement au niveau local avec les citoyens européens. La COMECE a déjà réalisé un rapport en six langues sur les façons de mettre en œuvre ce plan.
La déclaration adoptée sur le thème « Plaidoyer pour une stratégie européenne pour les familles » fait suite au Livre vert sur les changements démographiques publié par la Commission en mars dernier. « L'immigration n'est pas la seule solution aux changements démographiques », constate Adrianus van Luyn, évêque de Rotterdam et vice-président de la COMECE, pour qui il faut « s'attaquer directement aux racines du problème », à savoir le vieillissement de la population et le niveau trop bas de la natalité en Europe. Aussi, les églises demandent que la Commission conçoive une « stratégie européenne pour les familles », tout en respectant le principe de subsidiarité. Cette stratégie comprendrait: - une évaluation de l'impact des politiques européennes et du droit communautaire sur la promotion des familles ; - des mesures législatives pour mieux concilier vie familiale et vie professionnelle ; - des échanges de bonnes pratiques en matière de politiques familiales entre Etats membres.
Dans leur déclaration sur « Le financement communautaire de la recherche et de l'éthique », les évêques saluent l'intention de la Commission européenne d'accorder un plus grand soutien à la recherche et au développement dans le cadre de la stratégie de Lisbonne. Ils expriment cependant leur « inquiétude à l'égard d'une certaine tendance à pratiquer la recherche dans un esprit de toute-puissance humaine », et déplorent l'utilisation d'embryons humains dans plusieurs Etats membres à des fins de recherche, en particulier pour la recherche sur des cellules souches embryonnaires humaines. « L'UE devrait s'abstenir de financer par des fonds communautaires ces projets de recherche », notamment dans le prochain programme-cadre de recherche, demandent les évêques.
Lors de leur rencontre avec la presse le 18 novembre, les représentants de la COMECE se sont exprimés sur les futurs élargissements. Ils ont salué l'ouverture des négociations d'adhésion avec la Turquie et la Croatie. Pour les autres pays des Balkans, Monseigneur Homeyer a expliqué: « il n'y a pas encore de position officielle ; (…) ces pays font partie de l'Europe et sans une adhésion à l'UE ils n'ont presque pas de perspectives (…). Nous sommes donc favorables à une future adhésion, même si c'est à long terme et au cas par cas, si toutes les conditions sont remplies ».