Bruxelles, 24/11/2005 (Agence Europe) - Les infractions à la législation antidrogue ont augmenté dans la plupart des pays de l'UE: il s'agit surtout de détention de drogues pour usage personnel, le cannabis demeurant la drogue la plus répandue, alors que la hausse de la consommation de cocaïne devient préoccupante. Telle est la conclusion du Rapport annuel 2005 de l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), qui couvre l'UE, la Bulgarie, Roumanie et Turquie et la Norvège, avec des statistiques très complètes sur chaque pays. Wolfgang Götz, directeur de l'OEDT, venu présenter jeudi le rapport au Parlement européen, souligne les tendances suivantes: - consommation : le cannabis reste la drogue la plus courante mais la consommation de cocaïne devient une préoccupation majeure (trois millions d'Européens en ont consommé en 2004). La consommation d'ecstasy et d'amphétamines augmente aussi ; la consommation d'héroïne et d'autres drogues par injection reste inférieure à celle des drogues citées, mais entraîne des dégâts physiques et sociaux considérables (la majeure partie des décès liés à la drogue est due à l'héroïne) ; - santé : l'OEDT constate une diminution du nombre de nouveaux consommateurs, ce qui devrait faire baisser le nombre de décès liés à la drogue ; - maladies infectieuses : le premier vecteur de diffusion du Sida n'est plus l'usage de drogue par injection (c'était le cas jusqu'en 2001). L'évolution est moins favorable pour l'hépatite B et C, qui restent les deux principales maladies liées à la consommation de drogue par voie intraveineuse ; - réactions politiques : 26 des 29 pays étudiés ont désormais une politique de lutte contre la drogue ; - traitements de substitution : Près de 500.000 personnes bénéficient à ce jour de ces traitements, qui restent cependant très peu répandus dans les nouveaux Etats membres, les pays candidats et Chypre. La méthadone est le médicament le plus souvent prescrit mais d'autres traitements de substitution émergent ; - milieu carcéral: tous les Etats membres, la Norvège, la Bulgarie et la Roumanie offrent désormais une assistance aux usagers de la drogue incarcérés.
Pour Carel Edwards, chef de l'Unité « politique antidrogue » à la Commission européenne, la drogue est un fléau mondial (c'est le troisième marché après le pétrole et les armes, a-t-il souligné). L'Union européenne a compris l'urgence, avec l'élaboration d'un plan d'action qui fera l'objet de rapports réguliers. Le rôle de l'OEDT, qui collecte des données fiables et comparables, est essentiel, a-t-il affirmé. Le président de la commission parlementaire des libertés, Jean-Marie Cavada (ALDE, français), a noté pour sa part qu'il fallait « sortir des idéologies », en estimant: dans ce combat, « il n'y a pas assez d'Europe », alors qu'il faut des instruments communautaires et des interventions « plus européennes », passant par une plus grande centralisation au niveau des institutions (9 commissions parlementaires et une dizaine de directions générales sont impliquées, déplore-t-il). M. Cavada regrette aussi une absence de priorités des grands blocs mondiaux pour combattre ce fléau et prône une action au niveau des Nations unies. (Le rapport peut être téléchargé, en 22 langues, sur http: //pt.emcdda.eu.int).