login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 8990
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/partenariat euromediterraneen

Bilan décevant des dix ans du processus de Barcelone en matière de droits de l'homme

Bruxelles, 13/07/2005 (Agence Europe) - Dans le cadre de la célébration, le 28 novembre prochain, du dixième anniversaire du Processus de Barcelone qui renforce la coopération entre l'UE et ses voisins du pourtour méditerranéen, le Parlement européen prépare un bilan de ce processus dans un rapport qui sera rédigé par Anneli Jäätteenmäki (ADLE, finlandaise). La sous-commission Droits de l'homme a organisé pour l'occasion une audition, lundi 11 juillet au Parlement européen à Bruxelles, permettant à des experts de s'exprimer sur le bilan du partenariat en matière de droits de l'homme. De façon générale, ce bilan reste « très décevant », pour Sandrine Grenier, coordinatrice du réseau euro-méditerranéen des droits de l'homme auprès de l'UE. Au niveau régional tout d'abord, « la situation des droits de l'homme ne s'est pas améliorée, au contraire même dans certains cas. Si les mots 'droits de l'homme' sont devenus incontournables dans les documents officiels, il n'y a pas eu de résultats concrets ni d'actions précises ». La société civile regorge de projets mais, constate-t-elle, « encore faut-il que des moyens soient mis en œuvre pour y aboutir ». Au niveau bilatéral, le bilan dressé est moins négatif. Les droits de l'homme semblent plus abordés dans le cadre des Accords d'association entre l'UE et les pays méditerranéens et des groupes de travail se sont mis en place. Néanmoins, « la politique de voisinage devrait être davantage soutenue par une volonté politique claire ». Cette absence d'espace politique de la Méditerranée est également soulignée par le sociologue Khaled Fouad Allam. Pour ce spécialiste de l'Islam contemporain, « ce n'est pas la Commission européenne qui parviendra à mettre en place ce lieu politique dans lequel les pays de la Méditerranée pourront s'exprimer ». Aussi suggère-t-il de créer un « Conseil des pays de la Méditerranée », chargé d'analyser les questions liées au respect de droits de l'homme.

Deux points précis ont également été abordés lors de cette audition. Le premier touche plus particulièrement aux questions des droits de l'homme dans les politiques de migrations. « Il est essentiel d'évacuer toute tentation de mêler les phénomènes migratoires aux stratégies de lutte contre le terrorisme. Ce serait dangereux et cela ne ferait qu'alimenter les comportements populistes », a mis en garde Nabil Adghoghi, ministre plénipotentiaire à la Mission du Maroc auprès de l'UE. Soutenant les propos du ministre, Claire Rodier, du réseau sur les Migrations, constate pour sa part « qu'au bout de dix ans, les questions liées aux droits des migrants n'ont quasiment pas été traitées ». Le second domaine abordé concerne la lutte contre le terrorisme et la nécessité de respecter les libertés fondamentales. Un « équilibre » doit être maintenu entre sécurité et respect des libertés, selon Gijs de Vries, coordinateur de l'UE pour la lutte contre le terrorisme. Rappelant que les racines et les causes du terrorisme ne sont pas toujours liées directement, il estime que « ce dont nous avons besoin pour nous défendre du terrorisme, c'est une stratégie qui défende les droits de l'homme ». Enfin, Gabrièle Juen, du bureau européen d'Amnesty International, a souligné que la coopération euroméditerranéenne reste encore « voilée, sans transparence » et que la définition du terrorisme est quelquefois si large qu'elle prête à tous les abus, notamment en termes de tortures et de détentions arbitraires.

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES