Bruxelles, 13/07/2005 (Agence Europe) - Grâce à une proposition de formule de réduction des droits de douane pour l'accès aux marchés présentée par les pays émergents du G20, une impulsion concrète a été donnée aux négociations agricoles de l'OMC lors de la réunion «mini-ministérielle» de l'OMC à Dalian (Chine) du 11 au 13 juillet (EUROPE n° 8988). « Nous sommes venus déterminés à faire avancer les négociations sur l'agriculture et c'est ce que nous avons fait », a déclaré la commissaire à l'Agriculture, Mariann Fischer-Boel, à l'issue des travaux de la première journée. Plus circonspect, le directeur général de l'OMC, Supachai Panitchpakdi, a pour sa part estimé que cette avancée n'était pas suffisante et a appelé à un sursaut pour assurer le succès du cycle de Doha. « Des progrès sont réalisés dans certains domaines, mais, quant à savoir s'ils seront suffisants pour garantir le succès de programmes de travail d'ici la ministérielle de Hong-Kong, c'est une autre affaire », a-t-il déclaré.
Réunis mardi, les 32 ministres du Commerce présents ont adopté une proposition du G20 pour une formule de réduction des droits de douane différenciée entre pays développés et en développement. Elle prévoit la répartition des droits par tranches, les plus élevés devant faire l'objet des baisses les plus fortes. Le G20 propose que cette répartition soit effectuée en quatre tranches (avec une diminution uniforme des droits à l'intérieur de chaque tranche) pour les pays en développement et en cinq pour les pays développés, afin d'accélérer les réductions pour ces derniers. Il préconise aussi la mise en place d'un plafond de 150% pour les droits des pays en développement et de 100% pour les droits des pays développés.
Accueillant favorablement l'initiative du G20, Mme Fischer Boel a indiqué que l'UE était « disposée à utiliser comme base de travail l'approche linéaire (du G20) tant que cela s'accompagne d'une certaine marge de manoeuvre autour de la baisse pivot » fixée pour chaque tranche. « L'UE est prête à bouger de sa position initiale sur l'accès aux marchés et à chercher un juste milieu entre cette position et la nouvelle proposition du G20. Mais cela nécessitera un accord sur un degré de flexibilité dans la formule (…) ainsi qu'un mouvement de la part des autres pays développés sur les soutiens internes et les subventions à l'exportation », a-t-elle ajouté.