Londres, 13/07/2005 (Agence Europe) - Mieux former les citoyens européens pour leur garantir un meilleur emploi consolidera leur confiance dans le projet européen. En disposant d'une main-d'œuvre qualifiée, l'Europe pourra, pour sa part, se profiler à l'avant de la scène internationale et disposer des atouts nécessaires pour réaliser les objectifs de Lisbonne. Afin de sensibiliser les ministres de l'Education des 25 à cette réalité, et recueillir leurs avis, la Présidence britannique a focalisé la réunion informelle de Londres des 12 et 13 juillet derniers sur le thème particulier de la formation professionnelle (voir EUROPE d'hier, p.12). Elle travaillera en étroite collaboration avec l'Autriche et la Finlande qui reprendront en 2006 le flambeau de la présidence, a précisé la secrétaire d'Etat britannique de l'éducation Ruth Kelly, pour qui l'éducation et les compétences professionnelles sont la pierre angulaire d'un redémarrage de l'économie européenne: "Au Royaume-Uni, nous avons réalisé l'importance de l'éducation et des qualifications pour améliorer l'environnement économique. Cela a favorisé un réel changement dans notre manière d'investir dans l'éducation (…) nous, Britanniques, sommes persuadés qu'aucune compétition n'est possible avec des économies sous-qualifiées ". A Londres, les ministres ont discuté, plus particulièrement: 1) du développement des compétences et des différentes approches nationales afin de combler les lacunes identifiées dans chaque secteur économique spécifique (déséquilibre entre hommes et femmes pour certaines activités, manque d'intérêt et, par conséquent, de spécialistes dans les domaines comme les maths et les sciences). Ceci dans l'objectif de donner aux employeurs les moyens de garantir à leurs employés un niveau de qualifications optimal; 2) de la mobilité comme d'un atout maître pour combattre le manque de qualifications; 3) de la relation étroite entre un personnel qualifié et la productivité économique. La deuxième journée de travail a permis notamment aux secrétaires généraux de l'Unice (patronat européen) et de la CES (syndicats européens) de donner leur point de vue à ce propos; 4) des prochaines étapes à envisager pour approfondir la coopération. Au cours de la session, Jan Figel a présenté aux ministres le "Cadre européen de qualifications" qui encouragera la mobilité des travailleurs. "L'un des aspects de ce cadre est de mettre en place un système de reconnaissance mutuel de l'acquis pédagogique des qualifications", a expliqué M. Figel. Il comprend huit niveaux, chacun spécifiant quelles sont les qualifications et les compétences dont peuvent se prévaloir les candidats. Ainsi, un employeur d'un Etat membre pourra facilement identifier les compétences du candidat européen non national qui se présente à lui, souligne le Commissaire. La procédure de consultation actuellement menée s'achèvera fin de l'année et la Commission évaluera ensuite les résultats afin de soumettre une recommandation formelle au Conseil au cours du premier semestre 2006. Si le commissaire se refuse à donner une liste de "bons élèves" ("il vaut mieux regarder le tableau d'ensemble, certains Etats membres sont plus traditionnels dans leurs méthodes, d'autres plus modernes, chacun enregistre des bons résultats sur des segments différents", fait-il remarquer), il constate néanmoins que les pays scandinaves, qui ont pris le pari d'investir dans la recherche et les sciences, enregistrent des résultats particulièrement bons en terme de productivité économique. Il insiste par ailleurs sur la nécessité d'investir dans le long terme: " en 2010, près de la moitié des nouveaux emplois dans l'Union européenne requerront de plus grandes qualifications et seulement 15% une formation de base", a-t-il averti.