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Bulletin Quotidien Europe N° 8990
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/developpement

La Commission jette les bases d'un nouveau cadre pour la politique de développement de l'UE - Vers une déclaration politique du Conseil, du Parlement et de la Commission

Bruxelles, 13/07/2005 (Agence Europe) - La Commission a approuvé mercredi la proposition de déclaration politique créant un nouveau cadre pour la politique de développement de l'UE au cours des cinq prochaines années. A la grande satisfaction de Louis Michel, Commissaire européen au développement et à l'aide humanitaire qui en est l'inspirateur et l'ardent défenseur, le Collège a marqué son accord sur un texte qui entend mettre à jour la déclaration politique de 2000 et fédérer les Etats membres et la Commission européenne autour de principes et d'objectifs communs pour une politique de développement de l'UE plus efficace, mieux coordonnée et plus cohérente, au service de l'éradication de la pauvreté dans un monde globalisé. Présenté dans une communication intitulée « La politique de développement de l'Union européenne - Le consensus européen », le cadre proposé contient, dans sa première partie, un socle d'objectifs, de valeurs et de principes communs, et développe les liens entre développement et sécurité, développement et environnement, développement et la dimension sociale de la mondialisation. Dans sa deuxième partie, il décline les orientations pour la mise en œuvre de la politique de développement en précisant le rôle spécifique que jouera la Commission européenne. La proposition a été présentée par M. Michel à la presse, et, dans la foulée, au PE, à l'occasion d'une audition publique organisée mercredi par la commission du développement.

Fruit d'une large consultation de tous les acteurs intéressés par la politique de développement (EUROPE n° 8982), cette proposition a vocation à déboucher en fin d'année sur une déclaration conjointe du Conseil, du Parlement européen et de la Commission européenne, qui, comme l'espère Louis Michel, jettera les bases d'une « véritable stratégie commune de développement». Le but de cette déclaration est de « doter l'UE et les Etats membres d'une base commune pour une politique de développement ».

De l'avis de Louis Michel, il convient de faire plus, mieux et plus vite. Faire plus, l'UE l'a démontré en décidant de porter à 0,56% de son PNB la moyenne de son aide publique au développement en 2010 pour atteindre 0,7% en 2015. Faire mieux: c'est à cet objectif que répond la stratégie de coopération au développement pour les cinq ans. « A terme, je souhaite une véritable stratégie commune. Aujourd'hui nous assistons à la dispersion de 26 politiques de développement (celles des Etats membres et celle de la Commission: NDLR), avec pour résultat que certains pays en développement sont dans l'oubli car ils ne figurent sur l'agenda d'aucun Etat membre », a dit M. Michel. Il faut jeter les bases d'une plus grande complémentarité. Cette stratégie s'appliquera à tous les pays en développement, en accord avec ma collègue Benita Ferrero-Waldner ». L'exemple de la Tanzanie qui, dans le domaine des affaires sociales, doit faire face à cinq cents dossiers différents de coopération, plaide pour une harmonisation des règles. « Nous travaillons actuellement sur le resserrement de nos règles. Nous allons poursuivre. Ce n'est pas rien de faire bouger les Etats membres », a déclaré Louis Michel. Et de préciser qu'il ne s'agit pas de tout harmoniser à 100% mais de faciliter, par des principes et des objectifs communs, des coalitions d'Etats membres susceptibles d'apporter ensemble une valeur ajoutée à la mise en œuvre de parties de programmes, en évitant les doublons par un « meilleur partage du travail » garant de moins de gaspillage et d'une plus grande absorption des fonds par les pays partenaires. Et le Commissaire d'appeler de ses vœux des alliances qui aillent au-delà des traditionnels prés carrés aux relents « néo- colonialistes ou paternalistes ». Que l'Allemagne et la Tchéquie, par exemple, s'intéressent au Rwanda, au Congo ou au Burundi plutôt que la seule Belgique, serait, à ses yeux, particulièrement bienvenu.

Le rôle dévolu à la Commission sera celui « d'inspirateur, d'animateur, de chercheur de synergies et de collaborations par groupements d'intérêts ». Pour Louis Michel, l'accord sur des principes et des objectifs communs devrait être garant de l'adhésion des Etats membres à cette approche. « Si ca ne marche pas, ce ne sera pas ma faute. Mais vous pouvez me faire confiance: on saura qui veut quoi », a-t-il averti.

L'objectif central demeurera la réduction de la pauvreté, en ligne avec les ODM. Parmi les principes directeurs partagés, le Commissaire a cité: l'appui à la performance, l'appropriation de l'aide par les pays partenaires car « sans appropriation, il n'y a pas de responsabilisation », la participation de la société civile, un dialogue politique plus approfondi sur le respect des droits de l'homme, des principes démocratiques et de l'Etat de droit, la gouvernance, une attention accrue aux Etat fragiles, l'alignement de la politique de développement sur les processus nationaux. Interrogé sur le lien entre la politique de développement et la sécurité, Louis Michel a jugé que « la politique de développement est la seule politique susceptible de lutter durablement contre le terrorisme ». Offrir des perspectives aux millions de jeunes qui en sont dépourvus dans certains pays pauvres est, selon lui, le meilleur rempart contre le risque que ces pays ne servent de « base-arrière de recrutement pour le terrorisme ».

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