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Bulletin Quotidien Europe N° 8979
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/securite alimentaire

L'avis de l'EFSA sur l'ESB et la viande caprine est en partie rassurant mais les données disponibles doivent être complétées pour permettre une évaluation quantitative des risques

Bruxelles, 28/06/2005 (Agence Europe) - Après la confirmation en janvier 2005 d'un cas d'ESB chez une chèvre en France, les consommateurs devraient être en partie rassurés par l'avis scientifique que vient de publier l'Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA) concernant la sécurité de la viande de chèvre. S'il est impossible d'exclure tout risque lié à la consommation de viande de chèvre et de produits à base de viande de chèvre, le risque est actuellement faible (et quasi nul pour la consommation de viande de chevreau), mais il convient de compléter les données disponibles pour actualiser cet avis, estime le groupe scientifique sur les risques biologiques (BIOHAZ) de l'EFSA. « En matière d'ESB, le risque actuel lié à la consommation de viande de chèvre et de produits à base de viande de chèvre est faible dans les cas de chèvres nées en 2001, après l'entrée en vigueur de l'interdiction des farines animales et ultérieurement », affirme l'EFSA dans son avis publié mardi, après une évaluation qualitative des risques pour la santé humaine associés à la consommation de viande de chèvre dans l'éventualité de la présence d'ESB chez les chèvres. Mais l'EFSA affirme qu'elle pourrait revoir son avis car elle conclut aussi au manque de données nécessaires à la quantification des risques d'ESB caprine. A ce jour, ce que peut affirmer l'EFSA, c'est que « la prévalence probable de l'ESB dans la filière caprine de l'Union est très faible au vu des résultats du dispositif de surveillance du cheptel caprin mis en place par la Commission et récemment renforcée ». C'est le manque de données quantitatives qui a conduit l'EFSA à faire une évaluation qualitative des risques. Dans son avis, l'EFSA juge qu'une recherche expérimentale serait nécessaire pour évaluer le pouvoir infectieux et le développement de l'ESB caprine. Cette recherche pourrait s'étaler sur trois ou quatre ans. L'EFSA recommande à la Commission de prolonger de six mois le programme de surveillance renforcée mis en place au premier cas d'ESB chez une chèvre. Ce dispositif prévoit un dépistage renforcé et un dépistage discriminatoire permettant de distinguer les cas d'ESB des cas de tremblante (maladie non transmissible à l'homme) pour tous les cas positifs à la tremblante. Si un ou plusieurs nouveaux cas apparaissaient, l'EFSA pourrait réétudier rapidement ses scénarios d'évaluation des risques associés à l'ESB caprine.

« Nous ne tirons pas la sonnette d'alarme car il n'y a pas lieu de le faire. Les données nous rassurent, mais pour lever tout incertitude, nous jugeons opportun d'informer le public et de continuer à actualiser les données », a dit à la presse à Bruxelles Geoffrey Podger, directeur exécutif de l'EFSA, en rappelant que l'EFSA a déjà publié un premier avis sur la sécurité du lait et des produits laitiers d'origine caprine. Le professeur Jean Daniel Collins de la faculté de Dublin, président du panel, a précisé que le second cas suspect d'ESB observé dans un troupeau de chèvres au Royaume-Uni fait l'objet de tests de laboratoire complémentaires, dont les résultats seront disponible dans les deux ans. « Le processus d'ESB caprine est long car le dépistage se fait en trois phases », a-t-il souligné. Et d'expliquer: « Nous nous sommes fondés sur les statistiques disponibles mais compte tenu de la pénurie de données sur cette pathologie caprine, il est difficile d'évaluer les risques quantitatifs. La Commission, les Etats membres et le forum consultatif attendent de nous un avis scientifique dûment fondé. C'est pourquoi nous prenons notre temps. Toutefois, l'évaluation du risque qualitatif par notre groupe de travail laisse à penser que la consommation de viande de chèvre et de produits dérivés d'animaux nés après 2001 ne présente aucun danger ». Le professeur a par ailleurs estimé qu'il n'est pas opportun à ce jour de procéder à une quantification du risque d'ESB chez les ovins. « Maintenant que le test de dépistage est validé, nous ne pouvons pas exclure la possibilité de cas, mais toutes les données de surveillance nous indiquent que la maladie, si elle était identifiée, serait limitée » (une infime partie du 1% du bétail à risque), a-t-il dit. Et Geoffrey Podger d'ajouter: « Nous ne pouvons pas exclure le développement de l'ESB chez les ovins. Mais aucun cas n'a été identifié. C'est un risque théorique ». (Site internet de l'EFSA: http: //http://www.efsa.eu.int/science/biohaz/biohaz_opinions/990_fr.html ).

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