Bruxelles, 28/06/2005 (Agence Europe) - L'Union européenne et la Libye avancent vers une coopération contre l'immigration illégale. Après le feu vert du Conseil le 3 juin pour entamer des discussions exploratoires, la Commission s'est rendue les 22 et 23 juin en mission sur place. Dans la déclaration conjointe adoptée à l'issue de cette visite, les deux parties manifestent « leur volonté ferme de travailler ensemble et mettre tous leurs efforts pour gérer l'immigration illégale ». Elles tracent plusieurs pistes possibles de coopération: plan d'urgence pour le sauvetage en mer, formation des garde-frontières, coopération sur les centres de « réception » des immigrés, encouragement à la coopération avec les pays voisins. Pour ce faire, l'Union et la Libye vont créer un comité conjoint, qui doit se réunir d'ici la fin de l'année. S'agissant du sauvetage en mer, un groupe d'experts devrait se réunir pendant l'été.
Concrètement, pour pouvoir lancer ces projets, la Commission a besoin que des Etats membres se portent volontaires. Elle va lancer ce mercredi un appel à propositions pour la coopération dans le domaine de l'immigration (programme ARGOS 2005). Les Etats membres ont jusqu'au 29 juillet pour présenter des projets. La Commission prévoit de consacrer 2 millions d'euros, sur un budget global de 6,2 millions d'euros, aux pays méditerranéens dont la Libye, a annoncé mardi Franco Frattini. La moitié de ces 2 millions d'euros pourrait être consacrée à un projet d'urgence. La Commission espère voir parmi les propositions des Etats membres un projet de recherche et secours en mer avec la Libye, pour montrer rapidement une présence européenne sur le terrain. La Libye pourrait aussi bénéficier d'une part des quelque 4 millions d'euros consacrés par le programme AENEAS à l'Afrique du Nord. N'étant pas signataire du processus de Barcelone, la Libye n'a pas accès aux fonds plus conséquents du programme MEDA.
Dans le document conjoint signé à Tripoli par le directeur général « justice, liberté, sécurité» Jonathan Faull et M. Saied-Elsaouidi, la Libye s'engage à respecter les obligations de la convention de l'Union africaine sur les réfugiés, dont elle est signataire, mais qu'elle n'applique pas. Toutefois, elle continue à nier qu'il y a des réfugiés sur son territoire, et ne voit que des immigrés économiques, indique une source européenne. La Libye, qui n'a pas de législation sur l'asile, a annoncé un projet de loi sur l'asile et l'immigration, mais n'a pas encore répondu aux offres d'assistance de la Commission pour la rédiger. Le Commissaire Frattini assure que la portée de la coopération dépendra des « preuves concrètes » de la Libye dans ce domaine, mais n'y voit pas une condition pour démarrer les projets. Le document conjoint ne parle pas du sort des infirmière bulgares, qui aurait été tout de même évoqué par la Commission lors de la visite.