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Bulletin Quotidien Europe N° 8979
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/russie

Moscou retire sa signature du Traité frontalier avec l'Estonie - La ratification fait partie de l'espace liberté/sécurité/justice, rappelle l'UE

Bruxelles, 28/06/2005 (Agence Europe) - La Russie a annoncé qu'elle avait « retiré » sa signature de l'accord sur les frontières terrestre et maritime signé le 18 mai avec l'Estonie. «Puisque la partie estonienne n'a pas rempli ses obligations, nous retirons notre signature de cet accord», a déclaré lundi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Il n'y aura donc pas de ratification russe de l'accord qui avait été signé le 18 mai dernier (et qui vient d'être ratifié par l'Estonie), il faut «recommencer les négociations», a précisé le chef de la diplomatie russe. Selon Moscou, le texte de loi sur la ratification adopté par le Parlement estonien contient des « points inacceptables (...) qui ne correspondent pas à la réalité (...) et privent de sens un travail de plusieurs années». Les Russes s'insurgent notamment contre un préambule ajouté par les Estoniens qui fait référence à des résolutions adoptées il y a quinze ans par le parlement de Tallinn et affirmant que l'Estonie «a été victime de l'agression de l'Union soviétique» et a été «incorporée illégalement». En visite lundi à Helsinki, M. Lavrov a demandé que l'UE adopte une « attitude objective » sur la question. « L'Estonie a fait, elle, justement ce qu'elle nous avait demandé de ne pas faire, c'est-à-dire de ne pas alourdir le traité frontalier de déclarations politiques, quelles qu'elles soient », a dit M. Lavrov. Le Premier ministre estonien Andrus Ansip a regretté « cette décision étonnante» et récusé les accusations russes.

Des diplomates de l'UE ont souligné mardi que la ratification de l'accord frontalier Russie/Estonie était un « objectif clé » de l'Union européenne, étant donné qu'il s'agit d'une de ses frontières externes. « Sur la base de ce que nous savons aujourd'hui, nous ne voyons pas de raison ou de justification pour le retrait de la signature russe », ont-ils expliqué à EUROPE. Les diplomates rappellent aussi que la ratification des accords frontaliers avec l'Estonie et la Lettonie (un accord qui n'est même pas encore signé) fait partie de la feuille de route adoptée par le Sommet UE/Russie du 10 mai dernier en vue de la mise en œuvre de l'espace commun « liberté/sécurité/justice ». La porte-parole de la Commissaire Benita Ferrero-Waldner (relations extérieures) a dit mardi que la Commission suivait de très près l'évolution du dossier. « Il est important pour nous que cet accord soit signé et ratifié », a-t-elle dit, soulignant cependant que la Commission n'avait qu'un « rôle limité » à jouer dans le processus du côté russe.

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