Bruxelles, 22/06/2005 (Agence Europe) - Face à la « grave crise politique actuelle »¸il faut éviter à la fois « l'actionnisme aveugle » et la paralysie, et aussi les accusations réciproques, a averti mercredi devant la presse Hans-Gert Pöttering, président du groupe PPE-DE au Parlement européen. L'élu de la CDU a rejeté l'idée française de créer une « union entre France et Allemagne », tout comme celle de bâtir un « axe anglo-allemand » si la CDU-CSU gagne les élections du Bundestag en septembre prochain. Nous avons besoin de bonnes relations bilatérales entre les Etats, entre les grands et entre grands et petits, a-t-il insisté, en déplorant en particulier la désunion actuelle au sein du Benelux. « Les gens ont le sentiment que les choses vont trop vite » en Europe, a-t-il estimé par ailleurs, en notant: « le concept de constitution était peut-être trop ambitieux », il faudrait éventuellement penser à une autre définition, par exemple « traité fondamental ».
Que faire maintenant ? M. Pöttering estime que: - la pause de réflexion sur la Constitution devrait permettre de « faire une réalité juridique et politique de ses parties I et II », les plus « novatrices » ; - le Président Borrell et le rapporteur Böge devraient mener un « dialogue interinstitutionnel » sur les perspectives financières. Avec le rapport Böge, le Parlement a fourni des « orientations importantes », rappelle
M. Pöttering, en citant notamment la constatation que le rabais britannique est dépassé et que la politique agricole commune n'est pas inutile, même si elle doit être encore réformée. Quant aux propositions de la Présidence luxembourgeoise, M. Pöttering a critiqué en particulier les coupes proposées dans la politique de la recherche ; - dans le processus d'élargissement, « pacta sunt servanda » ; mais ceci vaut aussi pour les pays candidats, et pas seulement pour l'UE. Ainsi, la Turquie, si elle veut négocier avec l'UE, doit en particulier reconnaître Chypre, l'un des pays qui seront autour de la table de négociation. En outre, M. Pöttering demande que l'option d'un « partenariat privilégié » figure dans le mandat de négociation avec Ankara ; - la Commission devrait réexaminer sérieusement toutes les propositions de législation qui sont dans le « pipeline », pour réagir aux critiques sur les excès bureaucratiques de « Bruxelles » (le Commissaire Verheugen a parlé de 600 textes, a indiqué M. Pöttering). Le président du groupe PPE-DE s'est félicité que la Conférence des présidents des groupes politiques du PE ait accepté, mardi soir, sa proposition que le Président Borrell invite les présidents Barroso et Blair à une réunion des chefs des groupes politiques pour examiner comment assurer que la législation européenne contribue effectivement à la compétitivité de l'UE.