Bruxelles, 22/06/2005 (Agence Europe) - « Le Plan A n'a pas fonctionné pour la ratification du Traité constitutionnel, et comme il n'y avait pas de plan B, il faut maintenant appliquer le plan C pour l'élargissement. C comme consolidation, conditionnalité et communication », a estimé mardi le Commissaire Olli Rehn (élargissement) devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen. Consolidation. Afin de consolider l'actuel programme de l'élargissement, « qui est déjà chargé jusqu'à ses limites », l'UE doit être « très prudente » avant de prendre de nouveaux engagements, a dit M. Rehn. En même temps, l'UE doit tenir les engagements déjà pris: « la Bulgarie et la Roumanie adhéreront à l'UE en 2007 s'ils respectent les critères stricts et les négociations d'adhésion commenceront avec la Croatie et la Turquie, dès qu'elles auront rempli les critères » (coopération totale avec le Tribunal pénal international sur l'ex-Yougoslavie pour la Croatie, signature du protocole additionnel à l'Accord d'association et poursuite des réformes, pour la Turquie). « Cela veut dire que les pays des Balkans occidentaux maintiennent leur perspective européenne », a souligné le Commissaire. Conditionnalité. « Le meilleur moyen pour les pays candidats et les candidats potentiels de faire aboutir leur perspective européenne est de remplir à la lettre les conditions d'adhésion ». M. Rehn a réitéré qu'il n'hésiterait par à recommander au Conseil de reporter d'un an l'adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie au cas où, en 2006, ces deux pays ne seraient pas prêts à appliquer entièrement l'acquis communautaire. Idem pour les conditions posées à la Croatie et à la Turquie pour l'ouverture des négociations: « La Commission insistera sur le strict respect des critères ». Communication. L'élargissement est « l'histoire d'un succès », mais l'UE doit améliorer sa communication pour mieux faire comprendre aux citoyens les bénéfices et avantages de ses élargissements successifs. « Je travaille avec Margot Wallström sur l'amélioration de la communication. Nous devons désormais entrer dans un réel dialogue avec les citoyens. Nous devons passer du technique au communicatif ». La Commission présentera la semaine prochaine une proposition pour renforcer ce dialogue avec la société civile, a annoncé M. Rehn. Il a aussi annoncé que les prochains rapports de monitoring sur la Bulgarie et la Roumanie seront publiés le 25 octobre, suivi des autres rapports (Turquie, Croatie) et du papier stratégique sur l'élargissement le 9 novembre.
Pour la Turquie, M. Rehn a insisté sur la nécessité qu'Ankara mette en œuvre les six nouveaux textes législatifs déjà adoptés (sous la pression de l'UE) en vue d'améliorer la situation des droits de l'Homme et des minorités en Turquie. Le projet de loi sur les fondations en Turquie (liée notamment aux droits des communautés religieuses non-musulmanes) n'est pas encore satisfaisant, a souligné M. Rehn. Quant à la signature du protocole additionnel à l'Accord d'association UE/Turquie - la dernière condition technique à remplir par le gouvernement d'Ankara avant que les négociations d'adhésion puissent commencer -, M. Rehn s'est dit confiant qu'elle pourra intervenir « dans les prochains jours ou prochaines semaines, en tout cas suffisamment tôt avant le 3 octobre ». Du côté de l'UE, ce sera la présidence de l'UE qui signera le protocole, a-t-il dit. Mercredi prochain, la Commission proposera le cadre juridique pour les négociations d'adhésion.