Bruxelles, 22/06/2005 (Agence Europe) - Alors que le Parlement se prononcera jeudi en deuxième lecture sur son rapport concernant la surveillance budgétaire et la coordination économique (Règlement 1466/97), le rapporteur Othmar Karas (PPE-DE, autrichien) a dénoncé l'attitude inacceptable du Conseil au cours de la révision législative du volet préventif du Pacte de stabilité et de croissance (PSC). Dans un communiqué, le rapporteur fustige une fois de plus la position commune du Conseil, qui ne reprend aucun des amendements adoptés par le PE en première lecture, estimant que cette attitude « reflète une fois de plus le déficit démocratique flagrant du processus législatif du Conseil Ecofin ». M. Karas, qui avait fait de ce vote une question « d'orgueil du Parlement » (EUROPE n° 8969), se félicite de la décision de la commission des affaires économiques et monétaires de soutenir à nouveau ses principaux amendements. L'enjeu n'est pas que symbolique, car si le rapport, examiné au titre de la procédure de coopération, est adopté à une majorité de 367 votes, il faudra l'unanimité au Conseil pour le modifier. Ce qui prolongerait la procédure d'au moins trois mois, tandis que l'autre volet du PSC (règlement 1467/97 sur la partie corrective) est susceptible d'entrer en vigueur immédiatement. Jean-Claude Juncker avait appelé le Parlement à travailler vite et à ne pas modifier la position commune du Conseil. « Alors que le Parlement fait d'importants efforts pour achever les deux lectures dans les délais les plus courts, le Conseil ignore totalement la position du Parlement et va même jusqu'à en faire le bouc émissaire en cas d'échec ou de retard dans la réforme du PSC », s'insurge M. Karas, qui trouve cela « inacceptable ». Le rapporteur réclame notamment une comparaison des données transmises par les Etats membres avec celles soumises par les banques centrales nationales à la Banque centrale européenne, ainsi qu'une prise en compte accrue de la dette. Sur ce dernier M. Karas dénonce une minorité de blocage « d'Etats membres influents » qui, dit-il, a fait disparaître du texte le point consacré à la surveillance de la dette, alors que les ministres des Finances l'avaient intégré fin mars dans leur rapport initial (EUROPE n° 8913). M. Karas se demande enfin si la pratique de comparaison des données a « effectivement été appliquée au cas grec », un pays dont le déficit s'avère supérieur à 3% depuis 2001.