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Bulletin Quotidien Europe N° 8975
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JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/asile/presidence britannique

Amnesty International interpelle la future présidence sur les dérives de « l'Europe forteresse »

Bruxelles, 22/06/2005 (Agence Europe) - Alors que le Premier ministre britannique doit présenter jeudi le programme de sa présidence au Parlement européen, Amnesty International lui a envoyé une lettre ouverte dénonçant « le coût humain de l'Europe forteresse ». L'organisation de défense des droits de l'homme fait part à Tony Blair de ses « préoccupations », fondées sur trois rapports qu'elle a publiés lundi, sur la politique d'asile au Royaume-Uni, en Italie et en Espagne. Ces rapports « illustrent le terrible coût humain de la forteresse Europe », écrivent les directeurs des sections britannique et européenne d'Amnesty.

Au Royaume-Uni, Amnesty International « estime à des dizaines de milliers le nombre de personnes cherchant asile qui ont été détenues uniquement au titre de la Loi sur l'immigration. Leur détention est dans de nombreux cas prolongée, inadaptée, disproportionnée et illégale ». La détention aurait « contribué à l'apparition de troubles mentaux, conduit à des actes d'automutilation et parfois même à des tentatives de suicide ». En Espagne, Amnesty craint voir « disparaître le droit d'asile », et condamne en particulier le fait que « des personnes fuyant de graves atteintes aux droits humains se voient empêchées d'atteindre l'Espagne pour y demander asile et obtenir protection ». En Italie, « les ressortissants étrangers, y compris les personnes en quête d'asile, sont de plus en plus fréquemment détenus en violation des normes internationales relatives aux droits humains ». Amnesty International rapporte des allégations, dans les centres de détention, « de violences physiques de la part de membres des forces de l'ordre ou du personnel d'encadrement », et d'administration « de doses excessives de tranquillisants ». Les centres sont souvent bondés, les conditions d'hygiène y sont médiocres et les soins médicaux insuffisants.

Amnesty International demande que l'UE adopte des règles communes déterminant que « la détention des migrants et des personnes en quête d'asile ne devrait intervenir qu'en dernier recours ». Amnesty demande aussi que la décision de mise en détention d'une personne fasse l'objet d'un examen judiciaire systématique et régulier, et que des organismes d'inspection indépendants aient accès aux centres de détention.

 

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