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Bulletin Quotidien Europe N° 8812
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/eurogroupe

Aucun consensus sur une action coordonnée en réponse à la hausse des prix du pétrole, ni sur le renforcement des pouvoirs d'Eurostat - Les Etats s'engagent à maintenir leurs déficits sous les 3% en 2005 - La Commission procédera à une réévaluation de l'impact de la flambée des prix du pétrole

Luxembourg, 21/10/2004 (Agence Europe) - Les perspectives peu optimistes concernant les prix du pétrole à moyen terme ont incité les ministres de la zone euro à s'emparer du sujet alors que celui-ci ne figurait pas à l'ordre du jour de l'Eurogroupe, mercredi soir à Luxembourg. Principale cause d'inquiétude pour la croissance, la persistance d'un cours élevé du baril de brut ne doit pas être contrecarrée par des mesures unilatérales des Etats membres, ont répété les ministres. C'est pourtant suite à une mesure envisagée par le gouvernement français qu'ils en ont débattu jusque tard dans la nuit, sans parvenir à une réponse collective adéquate. A l'issue de la réunion de mercredi soir, le président du Conseil Gerrit Zalm a aussi annoncé que les ministres français, allemand, italien, portugais et grec avaient tous "réaffirmé leur engagement à ramener leur déficit sous les 3% en 2005". Le ministre néerlandais a précisé que la Commission avait approuvé les mesures prises par son pays pour corriger son déficit.

Nicolas Sarkozy a placé la question des prix pétroliers au cœur des débats de la réunion de l'Eurogroupe en rappelant à ses collègues son intention d'instaurer, en France, un mécanisme fiscal de restitution des recettes supplémentaires de TVA provenant du pétrole. Dans une lettre adressée à Gerrit Zalm, le ministre français des Finances considère que face à une évolution préoccupante des prix qui "devraient rester durablement élevés au moins jusqu'à la fin 2005", il est nécessaire d'accroître "la transparence des marchés pétroliers" et de "publier aussi rapidement que possible le chiffre des stocks de pétrole européens d'abord mensuels puis hebdomadaires". Dans ce but, il a appelé la Commission à prendre des initiatives afin de "limiter en termes macro-économiques (…) les risques de ralentissement de l'activité" et de permettre aux secteurs exposés à la hausse des prix du pétrole de faire face à leurs difficultés actuelles (voir p.13). "Parallèlement, une action diplomatique devrait être conduite par l'ensemble de nos pays auprès des pays producteurs afin de les inciter à augmenter leurs investissements en matière de capacité de production", a renchéri M. Sarkozy. Ce cavalier seul français n'a pas été du goût de tous les ministres, même si la question est cruciale pour tous et que certains gouvernements pourraient lui emboîter le pas.

A propos des mesures françaises, Gerrit Zalm a indiqué: "vous pouvez imaginer quelle a été la tournure de la discussion, puisqu'en juin nous avions convenu qu'il ne fallait pas qu'un pays prenne des actions unilatérales en cette matière ; or, nous avons vu un pays agir ". Et d'admettre: "nous ne sommes pas parvenus à un consensus sur une réponse collective coordonnée". Lors d'une conférence de presse séparée, Nicolas Sarkozy a insisté sur les points d'accord, à savoir: la nécessité de modérer la consommation d'énergie en "recommençant une politique d'économies d'énergie" et de demander à l'Agence Internationale de l'Energie d'accroître la transparence de ses informations sur les stocks pétroliers pour réduire les spéculations. Avant l'Eurogroupe, le Premier ministre et ministre des Finances du Luxembourg Jean-Claude Juncker avait reconnu que l'envolée des prix du pétrole était un "véritable frein" à la croissance, tout en insistant: une "bonne réaction doit être une réaction commune". La Commission procédera à une réévaluation de l'impact de la hausse des prix du pétrole, dans laquelle elle réaffirmera le principe d'action coordonnée, a précisé Joaquin Almunia, qui a reconnu que la situation avait évolué depuis quatre mois et qu'elle devenait "de plus en plus instable". Un cours "autour de 50 dollars le baril aura un impact manifeste sur la croissance et le niveau des prix", a-t-il admis, suggérant que les prochaines prévisions de croissance seraient inférieures aux 2,3% envisagées au printemps. Moins pessimiste, le ministre autrichien des Finances Karl-Heinz Grasser a estimé que "la bulle du pétrole finira par exploser".

Stigmatisant le cas des statistiques grecques fournies dans le contexte du Pacte de stabilité, le ministre allemand des Finances, Hans Eichel, s'est prononcé contre le renforcement des pouvoirs d'Eurostat en matière d'audit des comptes nationaux, alors que le même jour, le Commissaire Almunia avait proposé des pistes dans ce sens (voir EUROPE d'hier, p.7). Avant la réunion de l'Eurogroupe, Hans Eichel avait fustigé un tel renforcement. Selon lui, cela n'a "pas de sens" de le faire, car si un pays n'a pas respecté les règles, "les autres ne devraient pas en souffrir". Le Commissaire Almunia lui a rétorqué que ses orientations étaient conformes à l'objectif proclamé par le Conseil d'améliorer la fiabilité des statistiques. M. Grasser a, lui, estimé que le Pacte de stabilité et de croissance devrait prévoir "des sanctions contre les pays qui transmettent intentionnellement des données incorrectes".

De son côté, le ministre grec des Finances a tenté de rassurer ses partenaires sur les récentes notifications et les efforts de son gouvernement pour le budget 2005. "Le gouvernement grec est décidé à assurer la transparence et à ramener son déficit budgétaire sous les 3%", a indiqué George Alogoskoufis. Le projet de budget prévoit de réduire le déficit, actuellement à 5,3% du PIB, à 2,8% en 2005. Les discussions sur la procédure pour déficit excessif à l'encontre de la Grèce seront plus poussées "après l'annonce de mesures précises" lors du prochain Conseil Ecofin, le 16 novembre. MM. Almunia et Zalm espèrent qu'à cette occasion, la Commission pourra présenter "un rapport final complet" de la situation du déficit grec, y compris pour la période avant 2000. Les mesures proposées par les Pays-Bas ont satisfait les douze ministres et le Commissaire Almunia qui estime qu'elles permettront de rester sous les 3% en 2005. Les Pays-Bas considèrent que le déficit sera de 2,6% du PIB en 2005 et que cet assainissement se poursuivra en 2006 (2,1%) et 2007 (1,9%). La Commission est également d'accord avec les prévisions françaises qui établissent le déficit à 3,6% en 2004, grâce à une croissance plus forte que prévu initialement. L'Allemagne a en revanche revu à la hausse ses prévisions de déficit pour 2004, à 3,7%, mais s'est engagée à tout faire pour respecter les 3% l'année prochaine. L'Italie, en incluant les mesures supplémentaires proposées en juillet, sera à 2,9% de déficit, a annoncé le ministre Domenico Siniscalco. Si M.Almunia a espéré que les dernières mesures administratives, d'un montant de 2 milliards d'euros, auront l'effet positif escompté sur le déficit italien, il s'est toutefois montré prudent en annonçant que les prévisions de la Commission, qui seront publiées mardi prochain, pourraient faire état d'un "déficit italien autour de 3%". Le Portugal prévoit un déficit de 2,9% en 2004 et inférieur à 3% en 2005, "grâce à d'importantes mesures exceptionnelles", a souligné M.Almunia.

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