Bruxelles, 21/10/2004 (Agence Europe) - Oxfam a critiqué la proposition de la Commission européenne sur la réforme du système de préférences généralisées, estimant que le seul et unique critère retenu pour juger à partir de quel moment un pays doit être exclu du SPG (principe de "graduation") est "injuste et protectionniste". La Commission propose que la graduation soit déclenchée dès qu'un produit importé d'un pays excède pendant trois ans consécutifs 15% du total des importations européennes de ce même produit sous le régime SPG (soit des importations en provenance des pays en voie de développement). Le seuil est de 12,5% pour les produits textile/habillement (voir EUROPE d'hier, pp.7/8). Oxfam demande que le seuil d'exclusion, pour chaque produit, soit de 15% de l'ensemble des importations de l'UE, et pas seulement de celles en provenance des pays pauvres bénéficiant du SPG. "La proposition actuelle voudrait dire qu'un pays en voie de développement sera exclu du SPG juste au moment où il commence à prendre pied" sur le marché européen, estime Oxfam dans un communiqué. Oxfam juge aussi "décevantes" les modifications proposées par la Commission en matière de règles d'origine. En refusant aux producteurs de vêtements du Bangladesh le droit de s'approvisionner partout dans le monde, "l'UE bloque une réforme qui pourrait bénéficier significativement à l'un des pays les plus pauvres du monde", affirme Oxfam. Le Commissaire Lamy a justifié les restrictions imposées dans le cadre du "cumul régional" par la crainte que, sans ces limitations, le système finisse par bénéficier aux grands pays fournisseurs de textiles qui n'ont plus besoin du SPG, notamment la Chine (Pour plus d'infos: http://www.oxfam.org ).