Bruxelles, 21/10/2004 (Agence Europe) - La coopération en matière de sécurité et de lutte anti-terroriste était l'un des principaux sujets discutés le 19 octobre à La Haye lors de la rencontre de la Troïka de l'UE avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. A l'issue de la réunion, le président en exercice du Conseil de l'UE, le ministre néerlandais des Affaires étrangères Bernard Bot a annoncé que l'UE allait envoyer à Moscou son coordinateur chargé de la lutte antiterroriste, Gijs de Vries, pour débattre avec les autorités russes des actions concrètes à entreprendre pour améliorer la coopération dans ce domaine (voir EUROPE du 20 octobre, p.6, pour l'article de M. Bot à ce sujet). M. de Vries devra s'assurer que la Russie, dans la lutte anti-terroriste, respecte les "mêmes standards" que l'UE en matière de droits de l'Homme. "Nous devons toujours garder à l'esprit les droits de l'Homme et le respect de certaines valeurs et normes, et ne jamais recourir aux tactiques et méthodes des terroristes", a commenté M. Bot devant la presse à l'issue de la réunion qui servait essentiellement à préparer le Sommet UE/Russie du 11 novembre prochain. M. Lavrov a affirmé que la Russie partage l'avis de l'UE sur les droits de l'Homme, même dans la lutte contre les terroristes, mais il a aussi critiqué l'Occident en lui reprochant de donner refuge à des personnes suspectées de terrorisme ou de les inviter à des conférences internationales pour exprimer leur point de vue. "Si on veut protéger les citoyens honnêtes, innocents et pacifiques, ces personnes ne peuvent pas être autorisées à circuler librement en Europe", a dit M. Lavrov.
Moscou a aussi soulevé à La Haye le problème de la situation des minorités russophones dans les pays baltes, notamment en Lettonie et en Estonie. Selon la Russie, ces deux pays membres de l'UE n'appliquent toujours pas intégralement toutes les recommandations des organisations européennes en matière de droits de l'homme et de minorités, a déclaré M.Lavrov. La Lettonie et l'Estonie doivent respecter à la lettre les recommandations faites par les représentants de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) et des autres organisations européennes, a souligné le ministre russe. "Nous voulons que la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales soit ratifiée (par la Lettonie et l'Estonie), comme cela a déjà été fait par la Lituanie". M.Bot a souligné que l'UE insistait sur la nécessité de l'intégration et de la naturalisation des minorités nationales. "Nous admettons la nécessité d'examiner ces questions et de prendre en considération les préoccupations de la Russie. Il faut discuter de tous ces problèmes avec nos partenaires estoniens et lettons afin d'en trouver une solution constructive", a estimé M.Bot.
A propos du transit de marchandises entre la Russie et son enclave de Kaliningrad, M.Lavrov a rappelé que la Russie s'attend à ce que l'UE fasse des concessions concrètes pour résoudre les problèmes qui continuent à compliquer le passage entre les deux territoires russes. Selon Moscou, depuis l'adhésion de la Lituanie à l'UE, les difficultés pour le transport de marchandises se sont considérablement accrues, avec de longues et coûteuses procédures administratives et douanières, alors que le transit de personnes fonctionne sans problèmes majeurs. "Pour le moment, les nouvelles formalités augmentent les frais douaniers de 50% et le coût des contrôles sanitaires de 30%", a dit M.Lavrov. La Russie a transmis à la Présidence néerlandaise un document proposant des pistes de solution. "On nous a assurés que la question que nous avions soulevée dans le document était à l'étude. Nous espérons qu'il y aura des progrès dans ce domaine", a dit M.Lavrov. "Il s'agit d'une question importante dont dépendent le fonctionnement de la région de Kaliningrad ainsi que le règlement des problèmes sociaux et économiques de la région", a affirmé M. Lavrov, qui a assuré que Moscou était intéressé à la recherche d'une solution qui tienne compte des intérêts lituaniens, russes et européens. D'une manière générale, M.Lavrov s'est déclaré satisfait des relations avec l'UE qui s'améliorent "continuellement, en dépit de certains problèmes".