Bruxelles, 05/10/2004 (Agence Europe) - Trois blocs d'Etats membres s'affrontent dans la négociation sur la réforme du secteur du sucre. C'est ce qui ressort du tour de table, effectué lundi après-midi au niveau du Comité spécial agriculture (CSA), au sujet de la communication du 14 juillet dernier sur les modifications à apporter à l'organisation commune des marchés (Ocm) du sucre (EUROPE du 15 juillet 2004, p.11). Une majorité de pays demande de repousser d'un an la date de mise en œuvre de la réforme (le 1er juillet 2006 au lieu du 1er juillet 2005 proposé par la Commission européenne). Il s'agit des groupes suivants:
Les « modérés »: Allemagne, France, Pays-Bas, Autriche, Belgique. Ce sont soit des Etats membres où la production de sucre est compétitive et dont les producteurs peuvent très bien se remettre des baisses de prix et de quotas, soit des pays non producteurs. Ils acceptent le principe de la réforme mais souhaitent, pour la plupart d'entre eux, qu'elle soit mise en œuvre le 1er juillet 2006, notamment en raison des doutes sur le verdict final du panel de l'OMC. La délégation des Pays-Bas a préconisé une mise en œuvre de la réforme en 2009. Ces pays souhaitent une réforme très progressive s'étalant jusqu'en 2012/2013 (fin des prochaines perspectives financières).
Les « conservateurs »: Espagne, Italie, Grèce, Portugal, Irlande, Finlande, Pologne, Hongrie, République tchèque, Lituanie, Lettonie). Ces pays demandent le maintien de la production dans tous les Etats membres et s'opposent aux réductions de prix et de quotas et à la fusion des quotas A et B. Ce sont les Etats membres dont la filière est moins compétitive, moins puissante et confrontée à des coûts de production élevés. L'Espagne, qui juge « inacceptable » l'approche de la Commission, exige notamment (avec la Hongrie) une compensation de 100% de la perte de revenu des producteurs (en cas de baisse de prix et de quotas), alors que la Commission propose 60%.
Les « ultra-libéraux »: Royaume-Uni, Danemark, Suède, Estonie et Malte. Ces pays (peu ou pas producteurs et/ou importateurs de sucre de canne à bas prix pour l'industrie de transformation) sont favorables à des baisses de prix et de quotas, souvent sans compensation. Ce sont les pays qui soutiennent les efforts de la Commission. Seule la Suède plaide pour une réforme encore plus radicale.