Bruxelles, 05/03/2004 (Agence Europe) - L'Union européenne appelle les "parties impliquées" par le processus de référendum au Venezuela à poursuivre les négociations et "déplore vivement qu'un climat de violence se soit développé". Sur fond d'affrontement entre l'opposition au président vénézuélien, Hugo Chavez, et des forces de l'ordre à l'occasion de manifestations à l'ouest du Venezuela, des discussions se poursuivaient jeudi et vendredi entre le pouvoir, l'opposition et le Conseil national électoral (CNE) en présence de représentants de l'Organisation des Etats américains et du Centre Carter. L'objectif est de dégager un accord sur un mécanisme de vérification des signatures collectées par l'opposition pour demander un référendum sur le maintien d'Hugo Chavez. Le gouvernement et le Conseil national électoral contestent la validité de milliers de signatures, ce qui pourrait mettre en cause le quorum de 20% de l'électorat nécessaire pour l'organisation du référendum. Dans une déclaration au nom de l'UE, la Présidence irlandaise "prend acte" de la publication des "résultats officiels provisoires du processus de vérification des signatures ainsi que de la décision prise par le CNE d'organiser une procédure d'appel pour les signatures qui ont été provisoirement rejetées". L'UE précise qu'elle "partage les préoccupations de l'OEA concernant l'application par le CNE de critères de vérification spécifiques et leur incidence éventuelle sur le résultat du processus". Elle encourage les parties à trouver des "formules viables, justes et transparentes".
Une délégation de la majorité vénézuélienne s'est rendue à Bruxelles cette semaine pour défendre la position du gouvernement du Conseil national électoral. "Il ne s'agit pas d'annuler des signatures mais de vérifier qu'elles sont valables, auprès des citoyens qui ont signé", a fait valoir devant la presse Luis Tascon, député de l'Assemblée nationale vénézuélienne. Accompagnant la délégation, une représentante de "la société civile", Béatriz Arias de Martínez, a expliqué que la signature de sa mère, morte depuis dix ans, se trouvait sur la pétition, et a réclamé une vérification des signatures. L'objectif de cette visite, auprès du Parlement et du Conseil de l'UE notamment, est "de briser le cercle de la désinformation" que livrent les médias privés vénézuéliens détenus par l'opposition, a fait valoir Iris Varela, elle aussi députée de la majorité.