Bruxelles, 05/03/2004 (Agence Europe) - Les Européens sont favorables à une politique commune d'immigration et d'asile qui permette l'immigration économique mais contrôle sévèrement l'entrée sur le territoire communautaire, à en croire le sondage Eurobaromètre que la Commission européenne va publier lundi. Le consensus est fort pour les contrôles aux frontières (80%), les réponses sont plus partagées pour l'immigration économique (56%).
D'après ce sondage, 56% de la population des Quinze juge que "nous avons besoin des immigrés pour travailler dans certains secteurs de notre économie", contre 40% qui sont d'une opinion contraire et 4% sans opinion. Les plus favorables à l'immigration économique - pour "certains secteurs" au moins - sont les Luxembourgeois (82% pour), les Suédois et les Irlandais (78%). Les Grecs (56% d'opinions défavorables), les Allemands (52% contre) et les Belges (50% contre) sont les plus réticents. Les sondés ayant le niveau d'éducation le plus élevé sont plus enclins à penser que l'immigration est utile pour l'économie que ceux n'ayant pas suivi d'études supérieures (respectivement 66 et 50% pour). La question n'a été posée que dans ces termes, les personnes interrogées n'ont pas eu à détailler leur réponse ni à se prononcer sur une question plus générale du type: l'immigration est-elle bonne pour l'économie ?
Les Européens sont plus favorables encore à accorder "exactement les mêmes droits" aux immigrés en situation régulière qu'aux nationaux. Selon le sondage, 66% d'entre eux sont pour, contre 32% opposés (dont seulement 14% fermement opposés). Le plus fort taux de réponses positives a été recueilli dans la péninsule ibérique (Espagne 86%, Portugal 81%), aux Pays-Bas (77%), en Italie (76%) et au Danemark (74%). Comme pour la question relative à l'immigration économique, les Belges (53% pour l'égalité des droits) et les Allemands (50%) adoptent une position plus restrictive, comme les Britanniques (59%). Là aussi, le niveau d'éducation joue pour beaucoup dans les réponses (61% de réponses favorables pour ceux qui ont quitté l'école avant 16 ans, 77% pour ceux qui ont étudié au moins jusque 21 ans).
Le sondage montre un très fort soutien à une politique commune d'asile, puisque 85% des personnes interrogées jugent que "les règles pour les demandeurs d'asile devraient être les mêmes dans toute l'Union européenne" et 70% que "l'acceptation ou le rejet d'une demande d'asile devrait automatiquement être valable dans tous les autres Etats membres". Les Britanniques (77% d'opinions favorables à la première question) sont les moins enthousiastes à l'égard d'une politique commune. Ils sont aussi les moins favorables (62%), après les Suédois (53%), à l'idée de la reconnaissance des décisions.
Le sondage révèle une forte inquiétude face à la sécurité et à l'immigration illégale, puisque 80% des personnes interrogées demandent que les contrôles à l'entrée de l'Union européenne soient renforcés. Malheureusement, les sondés n'ont pas été interrogés sur ce qui motive leur souhait de contrôles plus élevés. Le Luxembourg, qui n'a aucune frontière avec un pays extérieur à l'UE, occupe le deuxième rang pour le renforcement des contrôles (85%). Ceci mis à part, les taux les plus élevés se retrouvent dans les pays qui ont les plus longues frontières: Grèce et Italie (89% chacun), Allemagne (81%), même si l'Espagne se situe en dessous de la moyenne (77%). La demande pour un renforcement des contrôles est manifeste dans tous les Etats membres, puisque le taux le plus bas - 65 % en Suède - reste très élevé.
Le sondage révèle aussi que les Européens souhaitent à 89% que les décisions de la justice civile (divorce, gardes d'enfants...) soient reconnues dans toute l'Europe. Ils sont encore un peu plus nombreux (90%) à juger que les accusés dans des procédures pénales doivent bénéficier des mêmes droits dans toute l'UE.
Le sondage a été réalisé entre le 8 et le 16 décembre 2003 sur un échantillon de 7514 personnes, soit environ 500 personnes par pays. La moyenne européenne est calculée après pondération, afin que chaque pays contribue à ce résultat en fonction de la taille de sa population.