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Bulletin Quotidien Europe N° 8660
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/mediterranee

Les économies méditerranéennes en meilleure santé mais les efforts doivent se poursuivre, selon un rapport interne de la Commission européenne

Bruxelles, 05/03/2004 (Agence Europe) - La Commission européenne constate une reprise de la croissance dans la zone méditerranéenne couverte par des accords d'association (y compris Gaza et la Cisjordanie mais sans la Libye) mais cette relance reste modérée. La Commission analyse la situation globale dans la région et la santé économique et financière de chacun des pays partenaires, ainsi que l'état d'avancement de leurs réformes. Mais le tableau est très contrasté d'un pays à l'autre, si l'on en croit le rapport interne qu'elle vient de rendre public (voir EUROPE d'hier, p. 13).

Selon ce rapport, en 2003, il y a eu en moyenne un doublement des chiffres de la croissance, atteignant ainsi 3,5% contre 1,6% en 2002. On est cependant encore loin des meilleurs taux enregistrés en 1996 (5,9%) et en 2000 (4,3%), alors que la croissance était tombée à 2% en 2001. Pour l'année 2003, deux pays se distinguent: le Maroc et la Tunisie qui atteignent, respectivement, des taux de croissance de 5,5% et 5,7%. Seule l'Algérie fait mieux, avec un taux de 6,8 %, mais cette progression serait à relativiser du fait qu'elle résulte pour l'essentiel d'une hausse des prix des hydrocarbures et n'est pas le fruit d'un renforcement des capacités structurelles de production, d'échange et de dynamisme de ses entreprises. Israël réalise le taux de croissance le plus faible dans la région, 1%, dû au poids de ses dépenses de sécurité et au mauvais contexte économique et d'investissements induit par la persistance du conflit du Moyen-Orient. Gaza et la Cisjordanie enregistrent un retour aux chiffres positifs (+4,5% en 2003, contre - 4,5% et - 5% les deux années précédentes). Mais cela n'indiquerait qu'un très relatif retour à la normale, Israël acceptant notamment de reverser les taxes perçues, en lieu et place de l'Autorité Palestinienne, ce qui a favorisé une légère relance de la consommation locale. Dans l'ensemble, la Commission estime que les territoires de Gaza et de Cisjordanie éprouvent en fait depuis la fin 2002 un « déclin sans précédent du revenu national et une détérioration massive des standards de vie ». Pour l'ensemble de la région, la vigueur de la reprise a été contrariée par le faible dynamisme de la demande extérieure en provenance de l'UE, la dégradation de la sécurité dans la région et divers facteurs d'ordre interne.

Les services de la Commission européenne notent par ailleurs une baisse de l'inflation qui atteint, en moyenne, environ 2,1 % en 2003 contre 3,3% en 2002 grâce à une atténuation de la pression sur les prix en particulier en Israël. Bon nombre de pays de la région ont toutefois éprouvé des difficultés à atteindre leurs objectifs budgétaires en 2002 et 2003 et leur situation budgétaire s'est encore dégradée. « En moyenne régionale, le solde budgétaire, subventions exclues, s'est encore détérioré et a été de l'ordre de 6% en 2003, ce qui rend souhaitable un renforcement des efforts d'assainissement ». Le rebond des exportations a permis une légère amélioration des soldes moyens des balances commerciales et courantes, passés respectivement à environ -3,4% et +2% du PIB.

Le rapport constate aussi que depuis 2000, les réformes ont progressé dans certains pays, et affirme: « Diverses avancées ont été observées dans un certain nombre de domaines précis sur la période 2002-2003. En ce qui concerne la libéralisation des échanges, des progrès sensibles ont été enregistrés au Maroc et en Tunisie. Les processus de privatisation ont des résultats mitigés, même si quelques opérations réussies ont été bouclées en Jordanie et, plus récemment, en Israël. Enfin, les réglementations du marché du travail ont évolué dans le bon sens en Égypte et au Maroc, ces deux pays ayant adopté respectivement un “Droit du travail unifié” et un “code du travail” ». Toutefois, l'environnement économique et financier demeure, dans l'ensemble, peu encourageant: au faible potentiel de croissance s'ajoutent, selon le rapport, la dégradation de la situation sur le plan de la sécurité, la faiblesse de la croissance économique et divers facteurs d'ordre intérieur qui risquent de compromettre l'impact positif des réformes économiques.

La Commission européenne prête dans son rapport la plus grande attention aux efforts de réforme qui conditionnent, directement ou indirectement, ses propres efforts en matière de coopération et de financement de projets. Elle évoque régulièrement les progrès de ces réformes dans la série de « dialogues économiques » entrepris avec chacun des pays de la région, comme dans le cadre du Dialogue EuroMed (travaux sur « la transition économique »). D'une manière générale, écrivent ses services, il convient d'intensifier les efforts visant à transformer les pays méditerranéens en économies de marché capables de fonctionner, s'appuyant sur un secteur privé dynamique et une administration publique efficace. Des progrès sont nécessaires aussi au niveau de l'application de la législation, de l'amélioration de l'environnement institutionnel, de la promotion de la bonne gouvernance et de la réforme du rôle de l'État. L'assistance technique, envisagée au titre de la politique de « voisinage » qui tend à remplacer et/ou à affiner le processus EuroMed lancé en novembre 1995 devrait y aider, outre les actions entreprises au titre de la FEMIP gérée par la BEI.

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