Bruxelles, 05/03/2004 (Agence Europe) - La Hongrie a décidé cette semaine d'utiliser la clause de réciprocité contenue dans le Traité d'adhésion et d'appliquer les mêmes restrictions en matière d'accès au marché de l'emploi que celles qui seront en vigueur à partir du 1er mai dans la plupart des quinze pays de l'UE actuelle. "Le gouvernement hongrois utilisera le principe de réciprocité. Cela signifie que nous imposerons aux travailleurs des pays membres actuels (sur un plan strictement bilatéral: NDLR) exactement les mêmes restrictions qu'ils imposeront aux citoyens hongrois durant les sept premières années suivant l'élargissement", a dit le porte-parole du gouvernement à Budapest. Le gouvernement hongrois entamera, encore avant le 1er mai, des discussions bilatérales avec chacun des pays membres actuels qui ont l'intention de bénéficier de la période transitoire de sept ans (négocié pendant les pourparlers d'adhésion) pour restreindre l'accès à leur marché de l'emploi. Jusqu'ici, la Hongrie est le premier des dix pays candidats à appliquer la réciprocité prévue dans le Traité d'adhésion, mais il est très probable que d'autres adhérents suivront. Avec son taux de chômage relativement bas (5,8%) et la faible mobilité de sa main-d'oeuvre, "la Hongrie ne constitue vraiment pas une menace pour les membres actuels", a souligné le secrétaire d'Etat aux affaires européennes, Peter Gottfried. Pour cette raison, les restrictions annoncées à l'égard des citoyens hongrois sont "injustifiées" et envoient un "mauvais signal", a-t-il déploré.
La Commission européenne a réitéré elle aussi que, selon elle, les restrictions à la libre circulation des travailleurs des nouveaux membres ne seront pas nécessaires. "Nous estimons que les gouvernements se rendront compte (après l'élargissement) qu'il ne sera pas nécessaire de maintenir les restrictions" jusqu'à la fin de la période transitoire de sept ans, a commenté cette semaine un porte-parole de la Commission.
Entre-temps, le gouvernement irlandais a confirmé mardi qu'il ouvrira son marché de l'emploi aux ressortissants des nouveaux pays membres dès le 1er mai, mais qu'il restreindra en même temps l'accès des immigrants aux avantages sociaux. Selon cette décision, des aides sociales ne seront accordées qu'aux personnes pouvant prouver qu'elles vivent dans le pays depuis deux ans. Cette mesure s'appliquera aux ressortissants des 24 autres pays de l'UE et pas seulement aux 10 nouveaux membres. "C'est une mesure sage et prudente" qui vise à éviter des abus mais aussi une surcharge du système de sécurité sociale, a dit la ministre des Affaires sociales, Mary Coughlan. Récemment, le Royaume-Uni (qui ouvrira lui aussi son marché de l'emploi aux travailleurs des nouveaux pays membres) avait annoncé des mesures similaires. La Suède a également fait savoir cette semaine que les ressortissants des nouveaux pays membres d'Europe centrale et orientale devront être munis d'un permis de travail avant de pouvoir entrer sur le marché de l'emploi suédois. Cette mesure sera d'application à partir du 1er mai et sera en vigueur "au moins pour deux ans", et ensuite, le gouvernement évaluera si les restrictions doivent être maintenues ou pas.