Bruxelles, 16/09/2003 (Agence Europe) - Le Premier ministre roumain Adrian Nastase est venu mardi à Bruxelles plaider auprès de la Commission européenne pour que celle-ci approuve, le 5 novembre prochain, un rapport d'évaluation "positif" sur les réformes en cours en Roumanie et que - notamment- elle lui accorde le statut d'économie de marché fonctionnelle. Pour atteindre cet objectif, le gouvernement roumain a développé un "plan en huit points" qui vise à satisfaire les exigences de l'UE dans ce domaine, notamment en matière de privatisations, assainissement des finances publiques et gestion des entreprises publiques. Les mesures envisagées dans ce plan sont bonnes, mais il faut encore qu'elles soient traduites en actions concrètes réellement appliquées sur le terrain, a souligné le président de la Commission Romano Prodi à l'issue de sa rencontre avec M.Nastase. La Roumanie a jusqu'à la fin de septembre pour convaincre la Commission de lui accorder la même promotion qu'elle avait donnée en 2002 à la Bulgarie (l'autre pays candidat en cours de négociation) en la classant "économie de marché fonctionnelle". L'année dernière, la Commission avait constaté dans son rapport régulier sur la Roumanie que le pays avait des chances d'être classé économie de marché "à moyen terme". M.Nastase a mis l'accent dans son entretien avec M.Prodi sur les "progrès considérables" réalisés ces derniers temps dans la mise en oeuvre des réformes économiques lancées par son gouvernement; il s'est aussi engagé à les poursuivre sans relâche. Des sources de la Commission soulignent qu'aucune décision n'a encore été prise à propos du statut de l'économie roumaine: "L'évaluation est encore en cours, il est encore trop tôt pour en tirer les conclusions".
En ce qui concerne les négociations d'adhésion proprement dites, le Commissaire Günter Verheugen a confirmé dans son entretien avec M.Nastase que la Commission allait essayer de les achever d'ici la fin 2004 (avant l'expiration du mandat de l'actuelle Commission) de manière à permettre à la Roumanie de rejoindre l'UE le 1er janvier 2007. La Roumanie a encore pas mal de pain sur la planche et la Commission a identifié un nombre de domaines où des progrès supplémentaires seront nécessaires pour y aboutir, a souligné M.Verheugen. "Ce sera difficile, mais c'est faisable", a dit le Commissaire. Les négociations d'adhésion sur les dossiers les plus délicats, à savoir les chapitres ayant un fort impact financier et budgétaire (agriculture, fonds structurels, contributions au budget de l'UE, etc.) pourront sans doute commencer dès le début de l'année prochaine, car la Commission a l'intention de présenter son "paquet financier" (c'est-à-dire sa proposition pour une position de négociation de l'UE) pour la Roumanie et la Bulgarie pour janvier ou février 2004, selon M.Verheugen. Interrogé par la presse à propos des récentes allégations contre la ministre des Affaires européennes, Hildegard Puwak (la presse roumaine avait affirmé que des fonds communautaires en provenance du programme "Leonardo" - on parlait d'un montant total de 150.000 euros - avaient bénéficié à des sociétés appartenant au mari et au fils de la ministre), M.Prodi a été très clair: les investigations entamées la semaine dernière par des experts d'audit de la Commission envoyés à Bucarest, ainsi que par l'Olaf, sont toujours en cours et, jusqu'ici, elles n'ont pu démontrer aucun conflit d'intérêts dans le chef de la ministre.