Bruxelles, 16/09/2003 (Agence Europe) - Le président du groupe canadien d'aluminium Alcan, Travis Engen, s'est dit « confiant » dans les chances de son groupe d'obtenir l'autorisation des services de la concurrence européens à son projet de fusion avec le groupe industriel français Pechiney. Dans une interview accordée au quotidien économique français Les Echos, M.Engen a indiqué que la DG concurrence avait réagi de manière très positive aux informations que le groupe lui avait fournies. « Les discussions que nous avons avec la « merger task force » de Mario Monti ont tout à fait validé l'analyse que nous faisions des marchés pour lesquels l'addition des activités de Pechiney et d'Alcan pose un problème », a-t-il ainsi souligné. La Commission a entamé une première phase d'enquête à propos de l'offre publique d'achat initialement hostile qu'Alcan a lancée sur Pechiney l'été dernier et devrait rendre sa décision le 29 septembre prochain. Alcan, qui redoute une enquête approfondie car celle-ci rendrait son offre caduque, s'implique très sérieusement dans les discussions avec les services de Mario Monti et se montre optimiste: « les remèdes que nous proposons sont parfaitement de nature à répondre aux problèmes qui avaient déjà été identifiés lors de notre première tentative de rapprochement avec Pechiney en 1999 », a ainsi souligné M.Engen. La porte-parole du Commissaire Monti, Amelia Torres, n'a voulu faire aucun commentaire concernant l'évolution du dossier car « cela n'aide pas la procédure », en précisant que le fait qu'une OPA soit amicale ou hostile ne change en rien l'analyse juridique et économique de la Commission. Rappelons qu'Alcan et Pechiney avaient déjà tenté un premier rapprochement en 1999 avec le groupe suisse Algroup et notifié l'opération auprès de services européens mais Pechiney s'était retiré du projet avant même d'attendre la position de la Commission, anticipant une décision négative. L'été dernier, Alcan remettait le projet sur la table et Pechiney, d'abord hostile, acceptait finalement une offre améliorée à raison de 48,5 euros par titre.