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Bulletin Quotidien Europe N° 8395
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L'euro a du mal à s'imposer en Méditerranée et dans le Golfe - La Commission publie un premier bilan de santé économique de ces pays

Bruxelles, 06/02/2003 (Agence Europe) - Lors de la conférence organisée par la Commission européenne la semaine dernière à Athènes sur « L'Euro, la Méditerranée et le Golfe », le Commissaire Pedro Solbes a dressé un état des lieux mitigé de l'utilisation de la monnaie unique dans la région. En même temps, la Commission a publié pour la première fois un document d'analyse sur la santé économique des partenaires méditerranéens et du Golfe de l'UE, pour nourrir les « dialogues économiques » que la Commission aura avec ces pays dans les prochaines semaines.

Dans son discours, M. Solbes a affirmé que l'euro jouait actuellement un rôle important dans les systèmes de taux de change de plus de 50 pays tiers. En Méditerranée, tel est le cas par exemple pour le Maroc et la Tunisie, qui utilisent l'euro comme principale devise d'ancrage dans leur politique monétaire. M. Solbes a cependant reconnu que le dollar demeurait la principale monnaie de référence dans la plupart des pays de la Méditerranée et du Golfe arabo-persique, en estimant que cette prédominance s'expliquait par l'inertie des systèmes financiers et l'importance des exportations de produits de base, plus particulièrement le pétrole dans le cas des pays du Golfe. A ses yeux, ceci permet de comprendre « le fossé entre le faible poids de l'euro dans les systèmes de taux de change méditerranéens et l'importance des relations institutionnelles, financières et commerciales entre l'Union et les pays méditerranéens ». Le Commissaire a espéré que cet écart sera prochainement comblé. Même constat au sujet des avantages offerts par l'euro en tant que monnaie de réserve, qui, selon M. Solbes, « ne semblent pas avoir été pleinement exploités ». Il a précisé que, selon les chiffres du FMI, 13% du total des réserves de change étaient détenues en euros à la fin de l'année 2001, contre 68% pour le dollar et 5 % pour le yen. Les développements dans la région de la Méditerranée sont comparables, a affirmé M. Solbes, en citant l'exemple du Liban qui a progressivement augmenté jusqu'à 20% la part de l'euro dans ses réserves. Enfin, il a rappelé les effets bénéfiques que l'UEM peut avoir dans les pays de la région, notamment pour assurer le succès d'une coopération monétaire régionale, en évoquant: la coordination des politiques économiques (inspirée d'une « philosophie partagée de discipline budgétaire et des niveaux raisonnables d'inflation »), le haut degré de convergence économique, l'existence de banques centrales indépendantes, les réformes structurelles et un système de surveillance multilatérale institutionnalisé.

Inflation en hausse et dérapages budgétaires dans les pays méditerranéens

Le document de la Commission fournit une vue d'ensemble des récents développements macro-économiques et structurels de neuf partenaires de la Méditerranée et du Golfe (Algérie, Maroc, Tunisie, Egypte, Jordanie, Liban, Syrie, Israël, Gaza et Cisjordanie). On y apprend que la région méditerranéenne représente 8,9% du PIB de l'UE et que le revenu par tête y est de 8.550 euros en 2001, soit 39% du niveau de l'UE. Les pays de la Méditerranée ont enregistré, en 2001, une croissance économique de 1,8%, ce qui représente plus qu'une réduction de moitié par rapport à l'année 2000 (4,3%). En 2002, la croissance est restée faible à 1,6%. Le taux moyen d'inflation de la région était de moins de 2% en 2001 (1,9%), mais a fortement augmenté en 2002, jusqu'à 3,7%: en Israël et à Gaza et en Cisjordanie, il a été respectivement de +6,5% et 6,7%. La Commission note que le haut niveau des déficits budgétaires « reste une source de préoccupation » (en 2002, déficit de 15,6% au Liban, 10,1% en Jordanie, 6,1% au Maroc, 3,4% en Egypte, 3% en Syrie, 2,2% en Tunisie, mais excédent de 0,4% du PIB en Algérie). La Commission rappelle que les économies de ces pays sont très dépendantes du commerce: ainsi, en 2001, le total de leurs exportations et importations avait atteint 68% du montant de leur PIB. 51% des échanges commerciaux ont été effectués avec l'UE.

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