Bruxelles, 06/03/2003 (Agence Europe) - A quelques jours de l'expiration, le 18 février prochain, des sanctions européennes contre le Zimbabwe, les Représentants permanents des Etats membres ont échoué à s'entendre formellement sur leur prorogation (voir EUROPE du 28 janvier, p.6). Le Coreper a donc décidé de réexaminer la question dans l'espoir de parvenir à un accord mercredi prochain, 12 février, lors de sa dernière réunion avant le sommet des chefs d'Etat France/Afrique des 20 et 21 février.
De source diplomatique, on affirme que cet échec n'est pas dû à l'incacapcité de déteminer les modalités de reconduction des sanctions mais à la volonté du Coreper de résoudre dans le même temps le problème du sommet Europe/Afrique de Lisbonne, initialement prévue le 5 avril, mais compromis par la question de la participation de Robert Mugabe, Président du Zimbawe.
Sachant que si Robert Mugabe n'est pas invité, plusieurs chefs d'Etats africains refuseront de participer à ce sommet, et que dans l'hypothèse inverse, plusieurs chefs d'Etat européens boycotteront la rencontre, les représentants des Etats membres sont convenus qu'après l'échec de la médiation sud-africaine, la Présidence grecque du Conseil fera une ultime tentative pour persuader Mugabe de s'abstenir de participer au Sommet Europe/Afrique et de déléguer son ministre des Affaires étrangères. Le délai d'une semaine que s'est donné le Coreper permettra à la Présidence de faire cette tentative et de lui faire rapport avant qu'une décision formelle ne soit prise à propos de la reconduction des sanctions. En cas d'échec, l'hypothèse la plus probable est que la tenue du sommet sera différée. Il restera à déterminer jusqu'à quand. Deux idées ont été avancées: un report de six mois ou un report jusqu'au début de la Présidence italienne du Conseil. En tant que pays hôte du futur Sommet Europe Afrique, le Portugal a souligné que le but de la rencontre de Lisbonne était de favoriser le dialogue avec le Zimbabwe et de rapprocher l'Europe et l'Afrique, raison pour laquelle un report du sommet serait le moindre mal.
Concernant les sanctions, le Coreper a dégagé un consensus informel sur les points suivants: elles seraient reconduites pour six mois, mais une dérogation sollicitée par un Etat membre désirant accueillir sur un territoire un Zimbabwéen soumis aux sanctions devra désormais, en cas d'objection d'un autre Etat membre, recueillir une majorité qualifiée de votes favorables pour pouvoir être accordée.
Pour ce qui est du sommet France-Afrique, le Coreper a préparé un projet de déclaration au procès-verbal de sa réunion dans laquelle il dit ne pas voir d'obstacle à la participation de Robert Mugabe, que la France a confirmé vouloir inviter. Bien que conscient des préoccupations graves de certaines délégations, le Coreper rappelle que la Conférence des chefs d'Etat de France et d'Afrique, motivée par la conduite d'un dialogue politique pour promouvoir la démocratie, les droits de l'Homme et de l'Etat de droit, est conforme aux dispositions de la position commune du Conseil qui gouverne actuellement les sanctions contre le Zimbabwe (position commune 145/2002/PESC de février).