Bruxelles, 06/02/2003 (Agence Europe) - A New York, Georges Papandreou a, après un bref entretien avec Colin Powell, affirmé qu'il faut obtenir des "réponses à toutes les questions que nous avons posées", et alors on pourra « éviter une guerre et avoir un succès diplomatique ».
Javier Solana a commenté le rapport de M. Powell en déclarant: "le contenu et la manière de le présenter étaient très solides. Il doit être pris très au sérieux par tout le monde. Tout le monde devrait réfléchir après ce rapport". Se disant convaincu que Saddam Hussein ne coopère pas avec les inspecteurs et qu'il cache "des matériaux dangereux", M. Solana estime que Saddam Hussein "doit coopérer pleinement" dans l'attente de la remise du rapport de Hans Blix: le retour des inspecteurs à Bagdad le 8 février sera «un moment très important », a-t-il dit.
Au Parlement européen, le président du groupe PPE-DE, Hans-Gert Pöttering, a estimé qu'après les "lourdes accusations" de Colin Powell, il faut "réexaminer ensemble la situation", tout en souhaitant que l'on donne aux inspecteurs le temps nécessaire pour compléter leur travail. Graham Watson, président du groupe libéral, a commenté: "Colin Powell a mis le doigt de l'Amérique sur la gâchette, mais elle ne devrait pas être lâchée sans un clair feu vert du Conseil de sécurité" (il a aussi exhorté l'Union a se préparer à faire face aux conséquences humanitaires d'un conflit, et à un possible flot de réfugiés ¸notamment vers l'Iran et la Turquie). En revanche, pour le président du groupe de la Gauche unitaire/NGL Francis Wurtz, "la montagne a accouché d'une souris", et les Etats-Unis ont présenté un dossier « léger », après lequel il n'y a pas"une seule raison de plus qu'avant d'accepter une action militaire en Irak". M. Wurtz, avant de quitter Bagdad où il était avec une trentaine de députés européens, ajoute: les éventuelles capacités de l'Irak de produire des armes de destruction massive doivent être "démantelées sous contrôle international", ce qui est une "mission des inspecteurs des Nations unies et non de l'armée américaine". Le Directeur du Centre des inspections de l'ONU à Bagdad, remarque-t-il, nous a dit que "aussi longtemps que les inspecteurs seront ici ce sera très difficile pour l'Irak de produire des armes". Et il dit à ceux qui ont critiqué cette visite à Bagdad: "Nous refusons toute complicité avec le régime irakien (...) Nous sommes une délégation de parlementaires qui ont choisi librement de venir ici et nous sommes représentatifs de l'opinion de la grande majorité des Européens, qui rejettent la guerre".