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Bulletin Quotidien Europe N° 8394
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/concurrence

Les concurrents d'E.ON/Ruhrgas retirent leur plainte à propos de la fusion des deux groupes

Bruxelles, 05/02/2003 (Agence Europe) - Dans une interview à la Welt am Sonntag, le président de l'Office fédéral des cartels allemand, Ulf Böge, a dénoncé les agissements d'E.ON, deuxième groupe du pays dans le secteur de l'électricité qui, pour faire avaliser sa fusion avec le premier groupe gazier allemand Ruhrgas par les autorités de la concurrence, aurait « acheté » l'accord des neuf concurrents (parmi lesquels Fortum, EnBW et Concord Power) qui avaient porté plainte contre la procédure d'autorisation exceptionnelle du gouvernement allemand accordée l'été dernier.

Pour rappel, Ruhrgas et E.ON avaient présenté un projet de fusion de leurs sociétés, une opération d'un montant de 10,7 milliards d'euros, afin de créer le plus important groupe énergétique privé européen. L'opération avait été examinée par les autorités allemandes, car le chiffre d'affaires des deux entreprises hors Allemagne n'atteignait pas le seuil minimal qui aurait exigé un examen de la part de la Commission européenne. En juillet dernier, l'opération avait été autorisée, au grand dam de plusieurs concurrents qui décidaient de porter plainte, car ils craignaient une mainmise d'E.ON et Ruhrgas sur le marché gazier allemand et un contrôle sur les ventes aux consommateurs et aux réseaux de gazoducs (voir EUROPE du 27 août, p.8).

Vendredi dernier, peu avant l'annonce d'un jugement de la Cour d'appel de Düsseldorf qui devait leur être favorable, les neuf plaignants ont retiré leur plainte après s'être mis d'accord avec E.ON, qui leur aurait fait d'importantes concessions. Selon les spécialistes du secteur, E.ON a réussi à garder l'essentiel, à savoir sa participation dans le holding Thüga, qui détient des participations minoritaires dans environ 130 régies municipales du pays, lui donnant un avantage concurrentiel décisif.

Par la voix de l'un de ses directeurs, David Halldearn, l'Ofgem, le régulateur gouvernemental britannique des marchés de l'énergie, s'insurge contre cette décision et annonce qu'il va contacter le Commissaire européen à la concurrence Mario Monti afin de lui faire part de ses craintes. « Nous sommes très mécontents (…). Le système judiciaire allemand ne semble pas capable de traiter les problèmes qui affectent le développement des marchés du gaz allemand et européen. (…). Nous sommes très inquiets », a-t-il déclaré. L'opération aura en effet des répercussions particulières au Royaume-Uni, où l'accès au gaz russe dépend essentiellement d'un accès ouvert au marché allemand.

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