Bruxelles, 05/02/2003 (Agence Europe) - François Lamoureux, Directeur général de la Direction générale à l'Energie et aux Transports à la Commission européenne, a envoyé mardi une lettre à l'ambassadeur russe auprès de l'UE, Vasily Likhachev, en lui demandant de relayer à son gouvernement les inquiétudes exprimées lundi par le premier ministre finlandais, Paavo Lipponen, au président Prodi concernant le pétrolier Stemnista, qui a quitté un port russe pour se diriger vers le Golfe de Finlande (voir EUROPE d'hier, p.12). Loyola de Palacio, Commissaire aux Transports, devrait prendre contact avec le ministre russe des Transports pour discuter du Stemnista mais aussi, sur un plan plus général, de la nécessité de réfléchir à une modification des règles européennes et internationales relatives au trafic maritime et des relations bilatérales en matière de sécurité maritime.
Les autorités finlandaises estiment que les conditions météorologiques sont extrêmement défavorables en mer Baltique et ne veulent pas que le pétrolier russe pénètre dans leurs eaux territoriales. Dans sa lettre, M. Lamoureux demande à ce que "une solution satisfaisant" soit trouvée entre la Finlande et la Russie pour "concilier les intérêts des échanges commerciaux avec l'absolue nécessité de garantir, dans l'intérêt de tous, la sécurité du trafic et la protection de l'environnement marin". "Juridiquement, la Commission n'a pas le droit d'agir dans un tel cas", a déclaré mercredi Gilles Gantelet, porte-parole de Loyola de Palacio, en expliquant que le pétrolier, qui transporte 110.000 tonnes de pétrole brut, est conforme à la législation communautaire et que "à l'heure actuelle, il n'y a pas de législation interdisant la navigation à certaines conditions météorologiques aux niveaux communautaire et international", malgré les tentatives faites par la Commission en cette matière. Tout ce que la Commission peut faire, c'est de voir la direction que prend le navire et, le cas échéant, "soutenir la décision finlandaise d'interdire ses eaux territoriales au pétrolier russe", a conclu Gilles Gantelet en rappelant que les conclusions du Conseil Transports du 6 décembre autorisent un Etat membre à prendre des mesures pour limiter le trafic de navires transportant des substances polluantes ou dangereuses à l'intérieur d'une zone de 200 milles de leurs côtes (voir EUROPE du 11 décembre, p.13).