Bruxelles, 29/01/2003 (Agence Europe) - En réponse à une consultation de la Commission sur les négociations de l'accord général sur le commerce des services (AGCS), le Secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES) Emilio Gabaglio a, dans une lettre au Commissaire Pascal Lamy, souligné les inquiétudes des syndicats pour ces négociations, principalement en ce qui concerne les services publics. Ainsi, écrit M. Gabaglio, "il existe la crainte qu'étant donné la complexité extrême des négociations générales de l'OMC, qui portent sur de nombreux thèmes allant bien au-delà des services, du terrain devra être cédé en matière de services publics dans les conciliations finales, afin de parvenir à un accord général". La position syndicale étant que les services publics ne devraient pas faire partie de ces négociations, la CES appelle la Commission "à déclarer haut et fort que non seulement elle a l'intention de tenir les services publics européens à l'écart des négociations, mais aussi qu'il en restera ainsi quelles que soient les incitations proposées".
En faisant le point sur les négociations OMC sur les services (pour les propositions de l'UE sur l'accès aux marchés des services dans le cadre de l'Agenda de développement de Doha, voir EUROPE du 5 juillet 2002), le Commissaire Pascal Lamy a assuré devant le comité de direction de la CES, mardi à Bruxelles, que "les services publics ne sont pas menacés parce que l'AGCS ne touche pas les services qui ne sont fournis ni sur une base commerciale, ni en concurrence avec d'autres fournisseurs, et que chaque Etat garde donc toute liberté d'exclure du marché les services qu'il souhaite". En outre, a-t-il rappelé, dans les domaines clés de l'éducation, de la santé et de l'audiovisuel, « nous voulons préserver notre capacité de régulation en ne prenant aucun engagement qui pourrait l'affaiblir ». « L'AGCS ne concerne que le commerce des services », a-t-il répété, en ajoutant qu'il n'y aura « pas d'obligation de privatisation (ou de nationalisation), pas de remise en cause du statut des salariés des entreprises concernées, pas de changement du service au client, sauf évidemment à ce qu'un gouvernement ne souhaite mettre sur le dos de Bruxelles ou de l'OMC la responsabilité politique des décisions prises au niveau national… ».