29/01/2003 (Agence Europe) - "Nous devons mettre en garde l'Amérique (…), contre une grande erreur historique. En même temps, notre devoir est d'avertir l'Etat d'Israël que son existence à long terme est menacée, et avec lui la riche histoire spirituelle du judaïsme (...). Si nous nous taisons, ce serait pour moi, comme ami des Etats-Unis et comme fils d'un père d'origine juive (...), de la pure trahison ». C'est ce qu'affirme mercredi, dans les pages de la Süddeutsche Zeitung, Max Kohnstamm, qui fut un collaborateur proche de Jean Monnet et qui apporte aujourd'hui toute son expérience européenne au think-tank The European Policy Center. Le Néerlandais Kohnstamm, pendant l'occupation allemande des Pays-Bas, avait été enfermé pendant trois mois dans un camp de concentration. On était traités comme des "sous-hommes", se souvient-il, en ajoutant: "ce qui arrive aujourd'hui avec les Palestiniens me rappelle cette expérience, et nous risquons de faire la même chose avec l'ensemble du monde musulman". La "vraie priorité", c'est la paix entre Israéliens et Palestiniens, et elle "affaiblirait aussi la position de Saddam dans le monde musulman", affirme Kohnstamm en lançant: « Donald Rumsfeld, grâce à ses propos sur « l'ancienne Europe », serait mon candidat au Prix Charlemagne, parce qu'il renforce l'unité entre Français et Allemands ». Plus sérieusement, Kohnstamm estime que "la crise permanente au Proche-Orient exige une grande réponse européenne", et il suggère en particulier "une sorte de Plan Marshall pour le Proche-Orient", alors qu'une guerre en Irak « rendrait le monde encore plus dangereux qu'aujourd'hui ».