Strasbourg 26/09/2002 (Agence Europe) - Trois semaines après la conclusion du Sommet du développement durable, le 4 septembre à Johannesburg, les Commissaires Margot Wallström (environnement) et Poul Nielson (développement), et le ministre danois des Affaires européennes Bertel Haarder ont fait un bilan de ce sommet devant Parlement européen. Au cours du débat, l'optimisme des Commissaires a été tempéré par les députés, qui ont fait état de leurs déceptions: peu d'objectifs atteints, une place trop importante accordée aux aspects commerciaux, une participation du Parlement européen peu satisfaisante. Les députés, qui ont appelé à la mise en oeuvre des engagements pris à Johannesburg, se sont par contre accordés sur un point avec les Commissaires et le Conseil: un des grands échecs du Sommet aura été l'absence d'accord sur les énergies renouvelables.
Le président du Conseil Bertel Haarder a estimé qu'à Johannesburg, "pour la première fois depuis des années, nous avons obtenu des engagements des pays riches". Enumérant les succès obtenus, le ministre a cependant reconnu que "la négociation la plus difficile a porté sur l'énergie: aucun calendrier ni aucun objectif n'a pu être atteint, à cause du Canada et du Japon". A propos de la nécessité de mettre en oeuvre les engagements pris, le ministre a souligné que "le secteur privé a été appelé à s'impliquer davantage". Margot Wallström s'est déclarée satisfaite des résultats obtenus à Johannesburg et surtout "du rôle de locomotive de l'UE" qui a permis "d'atteindre de nombreux objectifs". Elle a regretté elle aussi l'absence d'accord sur l'énergie et s'est engagée à tout faire pour mettre en oeuvre les résultats de Johannesburg. De son côté, Poul Nielson a qualifié les négociations de Johannesburg de difficiles: "il a fallu se battre pour défendre ce qui avait fait l'objet d'accords auparavant", a-t-il noté. Sur l'aspect financier, "Johannesburg a réaffirmé les objectifs du Millénaire et adopté de nouveaux objectifs", s'est félicité le Commissaire en estimant toutefois que "les bailleurs de fonds devraient être plus généreux". Quant au rôle du Parlement, il s'est déclaré "ravi de la collaboration entre les députés et la Commission pendant le Sommet". La Suédoise Anneli Hulthen (PSE), auteur du rapport sur la communication de la Commission européenne relative à la mise en oeuvre du programme européen sur le changement climatique, a appelé la Commission à passer à l'action et a mis en exergue certaines faiblesses notamment dans le domaine financier, agricole, énergétique et du transport. Au nom de la commission de l'industrie du Parlement, Werner Langen (PPE/DE, allemand) s'est étonné de "l'autosatisfaction des Commissaires: seuls 10 points sur 42 de Johannesburg vont être mis en oeuvre l'année prochaine", a-t-il lancé. Un avis partagé par le député portugais Jorge Moreira da Silva qui, pour le PPE/DE, a estimé qu'on a atteint des résultats qui ne seront pas suffisants pour sauver la planète", et a regretté que l'idée de créer une Agence mondiale pour l'environnement n'ait pas été discutée au cours du Sommet. Se félicitant des relations entretenues avec la Présidence danoise pendant le Sommet, M. Moreira da Silva a estimé, contrairement au Commissaire Nielson, que "la coopération avec la Commission n'a pas été suffisante". En s'exprimant pour le PSE, l'Allemand Bernd Lange a demandé à ce que l'UE revoit sa politique commerciale "trop basée sur le profit à court terme" et s'est prononcé pour une participation accrue du Parlement aux négociations de ce type, une demande relayée par la Néerlandaise Marieke Sanders-ten Holte au nom des libéraux. Le Portugais Joaquim Miranda, président de la commission du développement, porte-parole du groupe GUE/NGL, a estimé que "il n'y avait eu à Johannesburg ni les moyens ni la volonté d'atteindre de nouveaux objectifs", citant comme exemple la création d'un fonds de solidarité de lutte contre la pauvreté "qui n'est pas contraignant". Le Luxembourgeois Claude Turmes a souligné, pour les Verts, que le Sommet s'était concentré sur les aspects commerciaux et que "la plupart des négociations ont eu lieu à huis clos des mois auparavant le Sommet". Un point de vue repris par la Danoise Ulla Margrethe Sandbaek au nom du groupe EDD (Europe des démocrates et des différences).