Strasbourg, 26/09/2002 (Agence Europe) - Lors d'une conférence de presse en marge de la session plénière du Parlement européen à Strasbourg, un groupe de députés farouchement opposés aux recherches sur les cellules souches embryonnaires humaines a contesté la légitimité du président de la commission de l'industrie, Carlos Westendorp, et des rapporteurs sur le premier programme spécifique, Wim Van Velzen, et sur le programme-cadre, Gérard Caudron, qui ont négocié récemment avec la Présidence danoise et le Commissaire Busquin, lors de plusieurs trilogues informels, pour obtenir que le Parlement ne soit pas tenu à l'écart du processus d'élaboration de règles éthiques pour ce type de recherche. La verte allemande Hiltrud Breyer, l'Irlandaise du PPE Dana Scallon, la Française Elisabeth Montfort (non-inscrite), l'Italien Mario Mauro (Forza Italia) et le conservateur portugais José Ribeiro (UEN) se sont prononcés pour le moratoire prévu par le compromis de la Présidence danoise (voir plus haut) et ont reproché aux négociateurs du Parlement d'avoir cherché, sans le moindre mandat, à le remettre en cause. Ils ont estimé que ces trilogues informels n'avaient aucune raison d'être puisque le programme-cadre était adopté et que le Parlement ne dispose d'aucun pouvoir de codécision sur les programmes spécifiques. Tout en reconnaissant que les deux procédures étaient intimement liées puisque le Conseil s'était engagé, lors de l'adoption du programme-cadre, à reprendre certains amendements dans les programmes spécifiques, Mme Breyer a fustigé le caractère secret de ces consultations "derrière des portes closes" menées par une délégation qui s'est auto-constituée et auto mandatée et dont l'objectif était, selon elle, de détruire le compromis pour pouvoir financer la recherche sur les embryons avec des fonds communautaires. Mme Montfort a estimé qu'il faudra mettre ce moratoire d'un an à profit pour financer la recherche sur les cellules souches adultes et obtenir des résultats suffisants pour montrer que l'utilisation des cellules embryonnaires n'est pas nécessaire. M. Ribeiro a affirmé que le principe selon lequel des crédits communautaires ne peuvent être utilisés que pour des recherches qui sont légales dans tous les
Etats membres devrait toujours être appliqué. Et, s'agissant de la participation du Parlement européen au débat sur l'éthique, il a constaté que "l'histoire du rapport Fiori (qui avait été rejeté: NDLR) donne un bon exemple de l'état d'avancement du débat au Parlement". M. Ribeiro a aussi reproché au Commissaire Busquin de ne pas avoir le moindre respect pour le débat sur l'éthique ni pour les législations nationales sur ce sujet.