Bruxelles, 26/09/2002 (Agence Europe) - Le Commissaire Pedro Solbes s'est dit jeudi « préoccupé par les objectifs budgétaires » du gouvernement français, dont le projet de budget 2003 montre qu'il a choisi de « reporter le processus d'assainissement budgétaire ». Selon M. Solbes, « la première source de préoccupation est le manque d'amélioration claire de la position du déficit budgétaire cycliquement ajusté », puis vient le fait que « l'équilibre du budget ne sera pas atteint en 2006 ». Autre source de préoccupation: la décision du gouvernement français de stabiliser l'année prochaine les déficits publics à leur niveau de 2002, soit 2,6% du PIB. Un chiffre qui « reste dangereusement trop près du seuil des 3% du PIB » prévu dans le Pacte de stabilité et de croissance. Tout en précisant que la Commission ne donnera un avis définitif qu'après « une évaluation complète et approfondie des chiffres », M. Solbes se livre à un « commentaire préliminaire » très critique à l'égard du gouvernement français: « je regrette particulièrement que, après correction pour tenir compte du cycle conjoncturel, la position budgétaire ne soit pas clairement améliorée en 2003 », dit-il, avant d'ajouter que « ceci ne semble pas en ligne avec les engagements passés de la France ».
La démarche M. Solbes est surprenante et audacieuse puisque d'habitude la Commission s'abstient de commenter à chaud les projets de budget des Etats membres. Après avoir proposé mardi que les Etats de la zone euro s'engagent à réduire leurs déficits structurels de 0,5 % par an en contrepartie du report à 2006 de la date limite pour atteindre l'équilibre budgétaire, M. Solbes montre toute sa détermination à œuvrer pour le renforcement du mécanisme de coordination des politiques budgétaires dans la zone euro. Le Commissaire conclut que le « Pacte de stabilité et de croissance constitue le cadre approprié » et espère que chacun des acteurs « jouera son rôle dans le système ».
Selon son projet de loi de finances, le gouvernement français espère retrouver une situation proche de l'équilibre (-0,5% du PIB) » en 2006, mais à condition que la croissance soit de 3% par an entre 2004 et 2006. Si la croissance atteint seulement 2,5% par an, le déficit sera ramené à 1% en 2006, avait précisé le ministère français de l'Economie.