Strasbourg, 26/09/2002 (Agence Europe) - Le débat en plénière sur les résultats de la première lecture du budget 2003 (voir aussi EUROPE d'hier, p.15) s'est déroulé mardi selon une formule nouvelle: après une partie générale, les parlementaires se sont exprimés sur les différents chapitres du budget, les Commissaires responsables intervenant immédiatement après. Plusieurs constantes sont apparues dans les propos des élus: souci d'une bonne exécution du budget, désir d'être impliqués dès le stade de la réflexion aux décisions ayant des implications budgétaires importantes, nécessité de doter les politiques de ressources à la hauteur des ambitions de l'Union.
Les restes à liquider sont un problème, a reconnu Michel Barnier, en répondant aux questions sur les fonds structurels: une difficulté découle du fait que la Commission doit travailler sur la base des estimations des Etats membres, et que ces derniers ne donnent pas toujours la priorité aux nouveaux programmes mais plutôt aux anciens projets à terminer. Il n'y a pas eu ici d'« incurie » de la Commission, comme le prétend Esko Seppänen (membre finlandais du groupe GUE/NGL), a protesté le Commissaire, en affirmant que la simplification du fonctionnement de la politique régionale et la politique "proactive" de la Commission dans la recherche de plus de transparence devraient permettre de remédier aux problèmes qui subsistent.
Antonio Vitorino a répondu sur la justice et les affaires intérieures. Si on peut constater une certaine stabilité pour le total des dépenses prévues, il a fallu, pour 2003, « recentrer » certaines activités, mettant davantage l'accent sur la politique d'asile et l'immigration, et sur les ressources nécessaires pour Eurojust. En ce qui concerne Europol, la Commission a fait des propositions: c'est au Conseil de débloquer la situation en prenant une décision. La verte autrichienne Raina Echerer, qui l'a interrogé sur la politique d'information, s'était exclamée: « en tant qu'actrice, je sais que, si les gens ne viennent pas au théâtre, le théâtre doit aller vers les gens ». Cette politique est une priorité pour nous, a confirmé le Commissaire, mais elle doit être dotée de ressources suffisantes: il est donc favorable à l'amendement proposant d'augmenter de 500 000 euros les actions d'information vers les Etats membres.
La politique extérieure a posé au cours de ces dernières années de grands défis pour l'Union, qui a su faire preuve de flexibilité, et la Commission a pu compter dans ce domaine sur l'appui du Parlement, notamment en ce qui concerne l'Afghanistan, a indiqué Michaele Schreyer. Toujours en ce qui concerne la politique extérieure, Poul Nielson a reconnu qu'il faudrait « normaliser » ses actions, en faisant figurer les crédits dans le budget général (certains parlementaires avaient demandé que l'Afghanistan ait sa propre ligne budgétaire, ainsi que la Palestine). M. Nielson a dû aussi faire face à un barrage de questions sur le Fonds mondial de la santé. Nous devons savoir combien l'Union doit payer pour avoir un siège au conseil du Fonds, a martelé le travailliste britannique Terence Wynn, mais le Commissaire a répliqué: « si j'hésite à répondre, c'est que je n'ai pas de chiffre », nous voulons voir ce que les autres donateurs vont faire. Mais Mme Schreyer a dit que les engagements financiers de l'UE (35 millions) et des Etats membres représentent les 2/3 des promesses des donateurs: l'UE ne devrait donc pas avoir de problème à obtenir un siège.
Interrogé sur la clause « droits de l'homme » dans les accords avec des pays tiers, M.Nielson a précisé qu'il s'agit d'un élément fondamental des accords avec ces pays. La notion de droits de l'homme, a ajouté Mme Schreyer en répondant à une question de Miet Smet, démocrate-chrétienne belge, doit, selon l'accord de Cotonou, comprendre l'égalité des chances entre hommes et femmes. En ce qui concerne les programmes TACIS, M. Nielson a affirmé que l'écart entre les engagements et la mobilisation des crédits se réduit constamment.