Bruxelles, 01/07/2002 (Agence Europe) - Le Premier ministre marocain, Abderrahmane Youssoufi, a rencontré jeudi dernier, à Bruxelles, des Commissaires Chris Patten et Antonio Vitorino ainsi que Javier Solana (voir EUROPE du 29 juin, p.4). Deux thèmes principaux ont été évoqués, la coopération UE/Maroc et son double contexte maghrébin et méditerranéen, et le dossier des migrations. « Le Maroc veille toujours à placer ses relations avec l'UE dans un esprit de partenariat en vue de l'édification de l'espace euro-méditerranéen », a affirmé M. Youssoufi, tout en rappelant que la mise en oeuvre de l'accord d'association a des conséquences sur l'économie du royaume, notamment « en pertes de recettes douanières, du fait de l'ouverture du marché (…) et de la concurrence accrue » qui en résulte. La « mise à niveau » relève d'un « effort interne », a-t-il souligné, affirmant cependant la nécessité d'un « accompagnement européen » pour son pays qui fait face à d'importants défis politiques, économiques et sociaux. Le contexte est difficile, a-t-il dit, faisant observer que le Maroc subit sa troisième année de sécheresse et que les « ravages » sont déjà constatés dans le secteur agricole. « Nous avons néanmoins sauvé notre croissance 6,5% en 2000 et 4,5% en 2001 », a-t-il ajouté.
Le Premier ministre a dit sa foi dans la construction maghrébine qu'il conçoit comme un élément de nature à renforcer la coopération euroméditerranéenne: « nous travaillons dans la direction Sud-Sud autant que le sens Nord-Sud », notamment au plan maghrébin, a-t-il assuré. Mais il a regretté l'attitude « hostile » d'un « pays voisin qui a contribué à « geler » le processus d'intégration maghrébine. « Plus nous approchons d'une solution (du conflit du Sahara: NDLR), plus nous constatons l'intensification de la campagne contre le Maroc ».
Avec le Commissaire Vitorino, le chef du gouvernement marocain, a exprimé sa « préoccupation face aux problèmes subis par les migrants légalement installés » dans un Etat membre de l'UE et a dit craindre que les événements du 11 septembre aient alimenté des campagnes xénophobes dans différents pays de l'UE. Au sujet des flux de migrants clandestins, M. Youssoufi a estimé que la principale parade est le développement des pays d'origine et l'instauration d'une coopération pouvant « décourager la tentation de partir ». Cela passe aussi par une coopération entre services de contrôle et de sécurité pour stopper les trafics humains, a-t-il reconnu.