Strasbourg, 11/06/2002 (Agence Europe) - Notre idée «fondamentale» est « la nécessité de développer des relations entre l'UE et le Maghreb, et pas seulement avec chaque pays individuellement », a déclaré le vert Daniel Cohn-Bendit en présentant mardi en plénière le rapport qu'il a rédigé avec Philipe Morillon (PPE français) sur les relations entre l'Union européenne et l'Union du Maghreb Arabe (UMA). Le rapport a été approuvé par 446 voix pour, 10 contre et 54 abstentions et la plénière a rejeté, comme le lui demandaient les deux co-rapporteurs, les amendements du groupe GUE/NGL sur les problèmes propres à chaque pays (droits de l'homme en Algérie et Tunisie, question du Sahara occidental). Dans son intervention, Daniel Cohn-Bendit a fustigé la Commission européenne, qui, par la voix du Commissaire Liikanen venait de faire rapport sur la visite de la troïka, la semaine dernière en Algérie, en déclarant que le dialogue politique avait été « riche, libre et fructueux » et en se limitant à ajouter que la Commission demandait au Conseil de donner le plus vite possible son feu vert à l'Accord d'association UE/Algérie. Il est « incroyable que la troïka aille en Algérie » après des élections marquées par un taux de participation aussi faible, une Algérie « en crise économique, en crise politique, en crise démocratique » et qu'elle dise que « tout va très bien Madame la marquise », s'est exclamé Daniel Cohn-Bendit. Gerardo Galeote (PPE, espagnol) qui s'exprimait en lieu et place de Philippe Morillon, absent pour cause de campagne électorale française, a insisté sur la création d'une Assemblée parlementaire paritaire UE/Maghreb, comme il existe une Assemblée ACP/UE.
Au nom du PSE, l'Italienne Pasqualina Napoletano a elle aussi soutenu le renforcement des relations multilatérales, et a demandé que l'article sur les droits de l'homme contenu dans l'accord devienne un vrai instrument du dialogue (cet article 2 « est un article fantôme, sur lequel il n'y a jamais de débat », s'est plaint Daniel Cohn-Bendit). L'Espagnol Pere Esteve, pour le groupe ELDR, s'est dit lui aussi très préoccupé par la situation des droits de l'homme et la participation électorale « quasi inexistante en Kabylie, très faible ailleurs ». La Française Yasmine Boudjenah (GUE/NGL) s'est elle aussi offusquée que l'Union européenne « ait pu se féliciter de l'organisation des élections » en Algérie.
Le rapport adopté par le Parlement souligne que « le renforcement des relations entre les différents pays du Maghreb est un élément fondamental pour le développement de l'ensemble du partenariat euroméditerranéen » et se félicite à cet égard « de la décision des chefs d'Etat de l'UMA de se réunir les 21 et 22 juin à Alger ». Le PE demande la création de structures de dialogue et de réflexion UE-Maghreb à l'échelle régionale au sein du Forum parlementaire euroméditerranéen, sur le modèle de ce qui existe pour les pays ACP, et propose de créer des groupes de travail réguliers, notamment sur le Sahara occidental et sur l'immigration. Il insiste sur l'évaluation annuelle des accords d'association, et la nécessité de renforcer le dialogue politique et appelle au respect des clauses sur les droits de l'homme, en notant (amendement du groupe libéral) que cette clause « n'a pas été mise en œuvre ». Le Parlement européen appelle aussi à accroître la coopération contre le terrorisme. Et demande une gestion partagée des flux migratoires.