Bruxelles, 11/06/2002 (Agence Europe) - En visite à Londres pour présenter ses propositions de réforme de la politique commune de la pêche (Pcp), le Commissaire Franz Fischler a rappelé lundi qu'avec l'expiration de la période transitoire prévue dans les actes d'adhésion de l'Espagne et du Portugal (à compter du 1er janvier 2003), l'accès aux eaux de la mer du Nord sera ouvert à tous les Etats membres, sans discriminations. Il a toutefois voulu rassurer les pêcheurs britanniques en leur expliquant que certaines des dérogations au principe du libre accès, comme le régime des 12 milles et celles relevant de la zone protégée au large de l'Ecosse (« Shetland Box »), seront maintenues pour assurer la conservation des stocks. Par ailleurs, le Commissaire s'est défendu d'avoir proposé une réforme du secteur motivée par des considérations politiques: « toutes les flottes de l'UE seront touchées en fonction de l'état des stocks qu'elles visent: plus le stock concerné est épuisé, plus grande sera la réduction d'effort de pêche », a-t-il dit.
M. Fischler a rappelé la stratégie de la Commission visant à établir des plans de gestion pluriannuels des stocks de poissons menacés d'effondrement (cabillaud en mer du Nord, à l'ouest de l'Ecosse et dans la mer d'Irlande et merlu dans ces zones, au sud de l'Irlande et dans la Manche orientale). Il a aussi félicité les pêcheurs pour les expériences menées actuellement en mer destinées à éviter les prises accidentelles de cétacés et d'autres espèces. Il a ajouté que le Commission proposerait des mesures pour que tous les pays s'engagent sur la même voie, à savoir réduire les captures accessoires, minimiser les rejets et protéger les oiseaux marins.
M. Fischler a aussi indiqué, concernant l'autre versant de ses propositions visant à réduire les capacités de pêche, qu'une fois qu'un bateau sera démoli après avoir bénéficié d'une aide publique, il ne pourrait plus être remplacé. Si un Etat membre souhaite introduire un nouveau navire dans sa flotte, il pourra le faire uniquement avec des fonds privés et seulement après avoir retiré une capacité au moins équivalente, a-t-il affirmé.
Soulignant la nécessité de renforcer l'efficacité et l'équité de l'application des règles dans l'ensemble de l'UE, M. Fischler a déclaré que « nous pouvons avoir autant de règles que nous voulons, mais sans un contrôle et des sanctions uniformes dans toute l'UE, le système ne fonctionnera pas. Les pêcheurs britanniques ont longtemps demandé des conditions comparables partout. La Commission propose l'établissement d'une structure d'inspection commune (ce qui n'aura pas pour conséquence une concentration du contrôle dans les mains de la Commission) pour avoir une meilleure coordination entre les activités nationales et communautaires de contrôle et mettre en commun les moyens disponibles d'inspection ». M. Fischler a expliqué qu'à l'avenir les inspections seront effectuées par des équipes d'inspecteurs de plusieurs Etats membres.