Strasbourg, 15/05/2002 (Agence Europe) - Les relations entre l'Union européenne et les Etats-Unis ont évolué dans le sillage des événements du 11 septembre, mais aussi à cause des changements au sein de l'OTAN et dans les relations avec la Russie: selon les conservateur britannique James Elles, rapporteur du PE sur les relations transatlantiques, ceci impose une réflexion stratégique sur les objectifs à long terme de ce partenariat, réflexion stratégique qui manque, à son avis, dans la communication présentée il y a un an par la Commission. En répliquant sur ce point, Christopher Patten a martelé: le différend sur l'acier, la non-ratifiction du protocole de Kyoto de la part des Etats-Unis, le refus de ratifier les statuts de la Cour pénale internationale, la nouvelle législation agricole, tout cela n'est pas le résultat d'une absence de réflexion stratégique de la Commission. James Elles n' a pas caché les différences qui s'accentuent entre l'UE et les Etats-Unis: après le 11 septembre, Washington se sent « sous attaque », nous pas, et les Etats-Unis ne sont pas habitués à partager des responsabilités au sein d'insitutions internationales dans la même mesure que nous. D'où la nécessité, à son avis, d'un nouveau partenariat dans lequel les rôles respectifs seraient clairement définis. La sociale-démocrate allemande Erika Mann, rapporteur pour la commission de l'industrie, fait état d'une frustration croissante de la part de l'Union (même si ce ne sont pas toujours les Etats-Unis qui ont tort) et plaide elle aussi pour un rapprochement grâce à l'agenda positif. Quant au Président de la commission des Affaires étrangères, le démocrate-chrétien allemand Elmar Brok, il dénonce lui aussi la tendance américaine à l'unilatéralisme: sur la Cour pénale internationale (voir p.5) , le Protocole de Kyoto et la politique commerciale, « nous parlons avec deux voix », a-t-il reconnu, en regrettant aussi que les Européens et les Américains ne se soient pas rendus ensemble à Jérusalem et à Ramallah. L'UE, qui a des relations contractuelles avec pratiquement tous les pays, n' a rien signé de semblable avec Washington, déplore l'élu de la CDU.
Le président du Conseil, Ramon de Miguel, a admis que les Etats-Unis se sont d'une certaine façon, depuis le 11 septembre, « éloignés de certains principes communs de l'agenda transatlantique », mais il a essayé aussi d'apaiser des appréhensions qu'il considère parfois excessives: oui, les conflits commerciaux existent, mais ils ne représentent qu'une petite partie des échanges avec l'Union (les échanges augmentent, les conflits pas, a corroboré Chris Patten). Et l'Union doit elle aussi corriger ses lacunes, affirme M.de Miguel.
Chris Patten a évoqué aussi le débat en cours à Washington: les Etats-Unis vont-ils se concentrer sur leurs propres intérêts, assez étroitement définis ou vont-ils continuer à avoir un rôle de leader dans un contexte international ? se demande-t-il. De son côté, l'Europe ne doit pas « geindre »: si les Etats-Unis ne ratifient pas Kyoto, elle doit pousser pour obtenir des résultats dans ce domaine, s'ils s'opposent à la Cour pénale, elle doit essayer d'en faire un succès. Un ambassadeur américain a dit qu'un des problèmes de l'Europe est qu'elle ne se trouve pas seulement face à une superpuissance, mais à un "super duper power", responsable pour 40% de la croissance mondiale… Un autre problème est qu'il y "un peu trop de sujets sur lesquels nous ne sommes pas d'accord": selon M.Patten, il faut surtout essayer de réduire le nombre de ces divergences, sans aller jusqu'à demander un cadre totalement nouveau pour les relations transatlantiques. L'Agenda économique positif sur lequel on s'est accordé à Washington est un instrument de la future coopération avec les Etats-Unis, a-t-il souligné. EUROPE reviendra sur le débat et le vote du rapport Elles.