Bruxelles/Paris, 15/05/2002 (Agence Europe) - Le Commissaire européen Pascal Lamy participe à une réunion ministérielle qui rassemble, ces mercredi et jeudi à Paris, les membres de l'OCDE. M. Lamy ne rencontrera pas son homologue américain Robert Zoellick, qui a annulé sa venue en dernière minute, mais de nombreuses rencontres bilatérales sont à prévoir. Cette session annuelle, placée sous sous la présidence du Premier ministre belge Guy Verhofstadt, s'est ouverte mercredi sur des consultations entre les ministres de l'Economie et de l'Industrie d'une trentaine de pays et les représentants syndicaux, suivies d'un examen de l'évolution de la reprise économique et des mesures requises pour promouvoir la croissance et réduire le chômage. A mots à peine couverts, M.Verhofstadt s'en est pris à la tendance américaine au protectionnisme (notamment hausse des subventions à l'agriculture de plus de 70% sur dix ans et amendement de la future législation dite "fast-track" par lequel le Congrès autoriserait le Président à conclure des accords commerciaux tout en se réservant la possibilité de les modifier). "Les mesures protectionnistes des uns retardent et empêchent les réformes des autres", a-t-il déclaré, en regrettant que les principes agréés dans le cadre de l'OMC ne soient pas respectés. L'évolution des négociations multilatérales sur l'Agenda de Doha est au menu des discussions, ce jeudi, y compris la contribution que l'OCDE pourrait apporter au nouveau cycle de l'OMC. Un certain nombre de ministres de pays non membres ont été invités à participer à l'échange de vues qui portera aussi sur les suites à donner à la Conférence de Monterrey sur le financement du développement et au Sommet mondial sur le développement durable à Johannesburg. Il s'agit essentiellement de pays en développement - hormis la Russie - à savoir l'Argentine, le Brésil, la Chine, Hong-Kong, Singapour, l'Inde, l'Indonésie, l'Afrique du Sud, le Kenya, le Sénégal et l'Ouganda.
Il est probable que les disputes commerciales que l'Union n'est pas la seule à entretenir avec les Etats-Unis, soient évoquées à Paris, y compris la nouvelle mouture du fameux "Farm Bill" américain, qui suscite autant de protestations à Bruxelles qu'au Brésil et en Australie, ainsi que le conflit sidérurgique. A propos de cette affaire qui a déjà été évoquée dans le cadre des sessions spéciales "acier" de l'OCDE, le porte-parole de la Commission européenne a précisé que les produits américains passibles de sanctions immédiates et à plus long terme de la part de l'UE ont été sélectionnés, en se fondant sur deux critères: 1) léser au minimum et si possible pas du tout, les opérateurs économiques européens, en se focalisant sur des produits pour lesquels il serait facile de trouver des fournisseurs ailleurs qu'aux Etats-Unis; 2) aboutir à une "liste intelligente", c'est-à-dire qui permette "d'exercer suffisamment de pression" sur les autorités américaines pour qu'elles "changent" les mesures préjudiciables.