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Bulletin Quotidien Europe N° 8172
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/zimbabwe

Le Parlement demande des sanctions supplémentaires contre le régime de M. Mugabe

Strasbourg, 15/03/2002, (Agence Europe) - En adoptant, jeudi à Strasbourg, une résolution commune à cinq de ses groupes politiques (PPE-DE, PSE, ELDR, Verts/ALE, GUE/NGL) sur le Zimbabwe, le Parlement européen conclut que, dans un contexte d'intimidation des leaders de l'opposition et des électeurs, d'entraves au travail d'observateurs locaux et internationaux et de fraude électorale flagrante, les élections présidentielles "n'ont certainement pas été libres et loyales". Il prie instamment l'UE et la communauté internationale "de ne pas reconnaître la légitimité des élections présidentielles au Zimbabwe".

Le Conseil est invité à réagir par de nouvelles mesures à l'encontre du gouvernement de M. Mugabe, notamment en élargissant la liste des personnes interdites de visas à destination de l'UE - où figurent déjà le président Mugabe et 19 membres du ZANU-PF- aux vice-présidents, au ministre des Finances ainsi qu'à d'autres personnalités de ce pays. Le Parlement demande avec force que les avoirs détenus à l'étranger par des responsables du Zimbabwe à la suite des abus de pouvoir soient recherchés et mis à la disposition du peuple du Zimbabwe. Il invite le Conseil européen, réuni à Barcelone, à saisir l'occasion d'examiner la manière de "renforcer et de consolider" les mesures prises. Le Parlement invite l'Afrique du sud à intervenir fermement en faveur de la démocratie et de l'Etat de droit, étant donné les risques de déstabilisation de toute l'Afrique australe, et applaudit les hommes politiques et citoyens du Zimbabwe qui, souvent au péril de leur vie, ont défendu la liberté d'expression et les valeurs démocratiques et ont recherché un changement pour le bien-être de tous les Zimbabwéens.

Nelly Maes (Volksunie) a parlé d'une victoire morale pour l'opposition dans le contexte d'élections qui n'ont été ni libres ni équitables (notamment le manque de bulletins de vote) et a appelé l'UE à "appliquer les sanctions et à les contrôler. "Ces élections ont été une véritable farce", s'est ainsi exclamé le libéral néerlandais Bob van den Bos, rappelant que le président Mugabe à tout mis en oeuvre pour "écarter ses opposants". Selon lui, M. Mubabe devrait être "isolé davantage". Le socialiste autrichien Johannes Swoboda a dit que le président du Zimbabwe "ne devrait pas se réjouir trop tôt d'avoir vaincu ses adversaires" et a ajouté que ce qui le rendait "triste, c'est que les chefs d'Etat africains ont donné caution à M. Mugabe en reconnaissant ces élections", peut-être par crainte d'un regain de "néocolonialisme". "L'UE doit tout faire pour rétablir la démocratie et les conditions de développement économique dans ce pays", a-t-il poursuivi, estimant qu'il faudrait "renforcer les sanctions". C'est un appel à la "stabilité démocratique et au lancement du processus de réforme agraire" qu'a notamment fait Laura Gonzalez Alvarez (GUE/NGL, espagnole). Geoffrey Van Orden (PPE-DE, britannique), qui a parlé "d'élections qui ont été faussées", a dit qu'il existait de "bonnes raisons de penser" que M. Mugabe personnifie "tout ce qui est négatif dans le développement de l'Afrique". Il a aussi dénoncé l'attitude "décevante" de certains pays africains, dont surtout l'Afrique du Sud.

Soulignant la « préoccupation croissante » de l'Union européenne face à la situation au Zimbabwe, le Commissaire Franz Fischler a dit qu'il attendait du Conseil européen de Barcelone qu'il en discute et que l'UE fasse une déclaration. « La plupart des observateurs (…) ont constaté que les élections ne reflètent pas la volonté de la population du Zimbabwe », a dit M. Fischler avant d'évoquer un risque de propagation de la crise: « A brève échéance, l'Afrique du Sud pourrait se trouver face à un problème de réfugiés et, à plus long terme, une telle crise pourrait avoir des répercussions sur la croissance économique et le développement de la région ». Le Commissaire a indiqué qu'une Troïka à haut niveau devrait se rendre très prochainement dans les pays de la SADC.

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