Barcelone, 15/03/2002 (Agence Europe) - Mon message aux chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE a été que le Parlement européen veut être un partenaire fiable, capable de « fournir » ce qu'on attend de lui, puisqu'une partie de la stratégie de Lisbonne exige l'adoption d'une législation qui relève de la codécision, a dit vendredi matin à la presse le président du Parlement européen, Pat Cox, après sa rencontre avec les chefs d'Etat et de gouvernement des Quinze, avant l'ouverture des travaux du Conseil européen de Barcelone. A cette occasion, j'ai rapidement fait le point sur ce que nous avons accompli afin de combler le déficit de mise en oeuvre de la stratégie de Lisbonne, a indiqué Pat Cox, qui a précisé que son discours (prononcé sans texte écrit, pour donner davantage de « spontanéité » a cette rencontre) avait suscité un « chaleureux » applaudissement et avait été suivi de sept ou huit interventions. Et il a brièvement cité celle de Tony Blair, significative, selon lui, de la tonalité d'ensemble, en signalant que le Premier ministre britannique avait avoué qu'il avait nourri par le passé un certain scepticisme au sujet du Parlement européen, mais qu'il avait trouvé ce discours « remarquable par son esprit » et marquant un « pas en avant » (outre M.Blair, sont intervenus MM. Aznar, Ahern, Verhofstadt, Rasmussen, Persson: NDLR). Pourquoi cet applaudissement ? Parce que le Parlement s'est acquitté, avant Barcelone, « du plus gros morceau de législation » qu'il ait adopté dernièrement, a affirmé M. Cox en répondant à cette question. Et il a rappelé les votes significatifs intervenus cette semaine à Strasbourg, et en particulier ceux sur la libéralisation des marchés de l'énergie: par 5 contre 1, les députés se sont prononcés pour la libéralisation, selon le calendrier proposé par la Commission, a-t-il constaté, ce vote a été acquis par 351 voix pour, 79 contre et 114 abstentions (voir aussi EUROPE du 13 mars, p.14, et du 14 mars, p.11). Si nous ne nous sommes pas encore prononcés sur le brevet européen (rapport d'Ana Palacio: NDLR), c'est parce que le temps nous a manqué, a tenu à préciser M. Cox, qui a évoqué aussi le vote du rapport Jarzembowski sur le bruit des avions (voir EUROPE du 14 mars, p.12): j'ai dit à José Maria Aznar qu'il pourra se rendre au Sommet UE/Etats-Unis du 2 mai en ayant réglé le contentieux des « hushkits », a-t-il noté.
En ce qui concerne les Etats-Unis, Pat Cox a annoncé lors de sa conférence de presse qu'il entend inviter le Président Bush à rendre visite au Parlement, à une date à préciser, et a confirmé son intention (ce qu'il avait fait aussi devant les participants au Sommet) de renforcer la qualité du « dialogue législatif « entre le Parlement européen et le Congrès américain.
Quant aux relations entre le Parlement et le Conseil, Pat Cox a illustré devant les chefs d'Etat et de gouvernement les idées sur l'amélioration du dialogue interinstitutionnel qu'il avait lancées dans sa récente lettre à José Maria Aznar (voir EUROPE du 8 mars, p.5): ce matin, j'ai lancé un appel à établir ce dialogue « au plus haut niveau politique », afin de mieux légiférer et d'améliorer la gouvernance, a dit M.Cox à la presse. Et il a signalé, avec satisfaction, que ces idées allaient être discutées par les chefs d'Etat et de gouvernement lors de leur échange de vues, à Barcelone, au sujet du rapport de Javier Solana concernant la réforme du Conseil (voir le résumé du rapport Solana dans EUROPE du 13 mars, p.5).
Pat Cox déterminé à faire campagne pour le Traité de Nice s'il y a un nouveau référendum en Irlande
Enfin, interrogé sur la ratification du Traité de Nice en Irlande, Pat Cox a annoncé qu'il allait faire campagne pour le « oui », si un nouveau référendum est convoqué: j'ai été impliqué dans les cinq référendums sur l'Europe que nous avons eus depuis 1972, et j'ai l'intention d'être « actif » dans une telle campagne, « avec conviction et avec passion », a-t-il assuré. Si des « sensibilités » devaient s'exprimer à ce sujet, et si j'ai besoin de gagner un peu « d'espace » je demanderai au vice-président David Martin de présider certaines réunions pendant un certain temps, a précisé M. Cox.