Barcelone, 15/03/2002 (Agence Europe) - Le Conseil Ecofin est arrivé à une solution de compromis pour la création d'une banque euroméditerranéenne, après une réunion qui s'est poursuivie jusqu'au milieu de la nuit, jeudi à Barcelone, sous la présidence de Rodrigo Rato et en présence du Commissaire européen Pedro Solbes. Il s'est prononcé pour la création dans un premier temps d'une "facilité" au sein de la Banque européenne d'investissement, en se donnant un an, après le lancement de cette facilité, pour décider l'éventuelle création d'une filiale euroméditerranéenne de la BEI.
Le Conseil Ecofin note, dans des conclusions adoptées à l'issue des débats, "la nécessité de stimuler le développement du secteur privé dans nos partenaires méditerranéens, afin de favoriser une croissance économique plus importante, correspondant à l'augmentation de la main-d'œuvre dans la région". Le Conseil Ecofin appuie "les objectifs de la Présidence (espagnole) et reconnaît la nécessité de développer le partenariat euroméditerranéen ainsi que l'aide financière à nos partenaires du processus de Barcelone. Il prend note que la BEI estime à 2 milliards d'euros par an d'ici 2006 ses engagements dans la région, en termes de prêts et capitaux à risque, incluant une participation croissante du secteur privé". Le Conseil précise: "sur la base du travail entrepris jusqu'ici, le Conseil Ecofin considère que l'option la plus efficace à mettre en œuvre immédiatement est l'établissement d'une facilité d'investissement renforcée au sein de la BEI, complétée par un arrangement de partenariat euroméditerranéen et la création d'un bureau de représentation de la BEI dans la région. Sur la base d'une évaluation des résultats de la facilité, et en tenant compte des résultats des consultations avec nos partenaires du processus de Barcelone, une décision sur l'inclusion d'une filiale détenue à majorité par la BEI destinée à nos partenaires méditerranéens sera examinée et prise un an après le lancement de la facilité".
Le Président de la Commission européenne Romano Prodi a salué ce "pas dans la bonne direction". Le principe est acquis et l'essentiel est que les gens des deux côtés de la Méditerranée "vont investir et travailler ensemble", a-t-il commenté. Pour le Commissaire Solbes, il s'agit d'une "solution optimale". Parmi les plus réticents à l'idée de créer une nouvelle banque euroméditerranéenne à part entière avec le Royaume- Uni, le ministre allemand des Finances Hans Eichel a souligné les avantages de la formule retenue: le coût devrait en être "modeste" et la décision concernant la création d'une filiale sera prise à la lumière d'une "analyse ouverte", a-t-il dit. L'Espagne, la France, l'Italie et le Portugal avaient soutenu le projet de Banque euroméditerranéenne, mais se sont finalement ralliés au compromis. "Il n'y avait pas d'unanimité et il n'y en a jamais eu", a reconnu Rodrigo Rato, en soulignant que les ministres ont pris à Barcelone une "décision pragmatique".
La BEI a prévu d'accorder jusqu'à 6,4 milliards d'euros de prêts et capitaux à risque sur six ans aux pays méditerranéens, soit près du double des fonds accordés ces dernières années.