Bruxelles, 01/03/2002 (Agence Europe) - "Nous sommes en train de vivre le début d'une grande aventure parce que cette Convention peut accoucher d'une véritable refondation de l'Europe et de ses institutions", a déclaré à la presse le ministre des Affaires européennes, Pierre Moscovici, qui représente l'exécutif français au sein de la Convention. L'objectif doit être, selon lui, de "créer une sorte d'espace public européen dans lequel les Européens pourront se reconnaître". Cette "ambition collective" impose aux membres de "dépasser nos appartenances nationales, politiques et institutionnelles", a-t-il ajouté tout en reconnaissant qu'il "ne faut pas être naïf: dans une telle affaire, il y a des intérêts nationaux à défendre". Les membres de la Convention devront aussi veiller à associer complètement les pays candidats, a-t-il dit en estimant qu'ils sont "observateurs en termes statutaires" mais qu'ils doivent être des "acteurs à part entière". Tout en faisant référence à Victor Hugo et en soulignant les grandes différences qui existent avec les Etats-Unis d'Amérique, il a plaidé pour la création des "Etats-Unis d'Europe" et il a précisé qu'il juge cette formule plus dynamique que celle de "fédération d'Etats nations" (qui a toujours été utilisée par les responsables français jusqu'à présent: NDLR). Pour y parvenir, il faut "combiner union et diversité, unité et souplesse", a dit M. Moscovici qui, en répondant à une question d'un journaliste sur un éventuel directoire de pays, a aussi affirmé: "Je récuse toute forme de directoire et même d'avant-garde" même s'il faut "un cadre (il a cité les coopérations renforcées) pour ceux qui veulent aller plus loin".