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Bulletin Quotidien Europe N° 8159
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/defense

La Grèce confirme ses réserves sur le compromis d'Istanbul et prépare une contre-proposition

Bruxelles/Athènes, 26/02/2002 (Agence Europe) - A l'occasion du voyage du ministre espagnol de la Défense, Federico Trillo, lundi à Athènes, la Grèce a confirmé ses réserves à l'égard du compromis conclu avec la Turquie concernant la coopération entre l'OTAN et l'Union européenne dans le cadre de la Politique européenne de sécurité et de défense.

A la fin de 2001, un compromis dit "d'Istanbul" avait été conclu avec Ankara, sous l'égide du Royaume-Uni et les Etats-Unis, afin de permettre la conclusion d'un accord OTAN/UE, bloqué depuis un an par la Turquie. Celle-ci souhaitait obtenir des garanties sur le fait que la future Force de réaction rapide de l'UE n'interviendrait pas dans les zones qui font l'objet de différends entre Ankara et Athènes, en premier lieu à Chypre ou en mer Egée. Cette préoccupation est reflétée dans le paragraphe 3 du document d'Istanbul, qui prévoit des réunions à 15+6 avant des réunions où pourraient être prises des décisions PESD sur des sujets "affectant les intérêts stratégiques" d'un Allié européen non membre de l'UE. Le document garantissait que les membres européens de l'Alliance atlantique non membres de l'UE seraient associés au processus de décision de l'UE. Cette formule a été rejetée sur le fond et sur la forme par la Grèce, lors du Sommet de Laeken. Sur la forme: la Grèce soutient qu'elle ne peut pas accepter un accord qui a été négocié en dehors des procédures décisionnelles européennes.

Sur le fond: "la Grèce n'accepte pas que l'UE se trouve sous la juridiction de l'OTAN pour des opérations qui ne dépendent pas des installations de l'Alliance", a déclaré lundi le ministre grec de la Défense, Yannos Papantoniou. La Grèce refuse que "le problème des relations bilatérales entre la Grèce et la Turquie à propos de la mer Egée soit transféré au cœur de la défense européenne", a-t-il ajouté. Dans une interview au quotidien allemand Handelsblatt, le ministre grec des Affaires étrangères, George Papandreou, a précisé que "la Turquie, comme membre de l'OTAN, a le droit d'être consultée lorsqu'il est question d'opérations de la force militaire européenne et que ses intérêts soient pris en compte, mais une décision ne peut être prise que par les membres de l'UE et personne d'autre".

Le ministre espagnol, Federico Trillo, a salué à l'issue de sa visite à Athènes "la clarté , la sincérité et la qualité" de l'exposé de Yannos Papantoniou et souligné "les dispositions exceptionnelles prises par la Grèce pour trouver une solution au sein des Quinze". La Grèce prépare actuellement une contre-proposition qui "devrait offrir une garantie à tous les Etats membres sur la souveraineté nationale et lèvera les ambiguïtés du terme "intérêt stratégique" utilisé dans le document d'Istanbul", indique une source diplomatique grecque. "Nous espérons obtenir un accord au sein de l'UE avant mai (date du prochain Conseil de l'OTAN, NdlR), reste à savoir si la Turquie sera prête à l'accepter", précise la même source. M. Trillo devait se rendre à Ankara après son passage à Athènes. Par ailleurs, le Premier ministre grec Costas Simitis aura lui-même des entretiens à ce sujet avec ses homologues.

Du côté de l'OTAN, on ne s'attend toutefois pas à un accord avant que des progrès significatifs n'aient été enregistrés sur la question de la mer Egée, qui vient de faire l'objet de contacts exploratoires entre la Grèce et la Turquie. Contacts qualifiés "d'opportunité historique" par M. Papandreou.

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