Bruxelles, 26/02/2002 (Agence Europe) - La politique de l'Union à l'égard des exportations de sucre est totalement compatible avec les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), a souligné un porte-parole de la Commission européenne, après l'annonce d'une offensive imminente du Brésil contre le système de restitutions et contre la pratique consistant à réexporter du sucre originaire des Etats d'Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP).
Le Brésil estime que l'Union - son grand rival sur le marché mondial du sucre - fausse l'équité des échanges commerciaux en subventionnant l'exportation de cette denrée dont elle pousse ainsi les prix en deçà du coût moyen de production. Dans cette plainte, les autorités devraient se référer au verdict de Genève à l'encontre des subventions laitières du Canada. Elles ont aussi l'intention de dénoncer la pratique consistant à importer du sucre brut en provenance des ACP hors droits de douane, en vertu du traitement préférentiel qui leur est accordé par l'Union, et à le réexporter ensuite vers d'autres pays tiers. Bien que les accords de Cotonou bénéficient d'une dérogation aux règles de l'OMC, le Brésil estime que cette pratique doit être considérée comme une subvention à l'exportation, en référence aux conclusions de l'OMC sur le régime bananier de l'Union. Ces « subventions déloyales » seraient à l'origine d'un manque à gagner de l'ordre de 1 milliard de dollars par an pour le négoce brésilien, en terme de potentiel de ventes non réalisées. Les exportations de sucre sont cependant en forte hausse, ayant augmenté du simple au double en l'espace d'un an, pour atteindre 11,2 millions de tonnes (soit, en valeur, 2,28 milliards de dollars) en 2001. De même que la production, qui devrait atteindre cette année un niveau record.