Bruxelles, 26/02/2002 (Agence Europe) - Apparemment, au moins quelques chefs de gouvernement de l'UE ne supportent plus la manière de laquelle fonctionne le Conseil européen, et "ne veulent plus faire attendre les réformes", a dit le social-démocrate allemand Klaus Hänsch, membre du présidium de la Convention sur l'avenir de l'Europe, en commentant la lettre Schröder/Blair sur la réforme du Conseil européen et du Conseil (voir EUROPE d'hier, p.5). Les propositions ne sont pas nouvelles, mais ce qui est nouveau, "c'est la volonté, enfin, de les réaliser", estime-t-il, en notant que plusieurs parmi elles n'exigent pas une révision du Traité, mais "un autre comportement de la part du Conseil" (comme l'abolition des "tours de table" et le retour à la vocation première des Sommets, d'impulsion stratégique plutôt que d'instance d'appel pour les décisions manquées du Conseil).
Un autre social-démocrate allemand, Jo Leinen, constate aussi que certaines réformes sont faisables sans réviser leTraité, mais estime que la Convention sur l'avenir de l'Europe devra se prononcer pour des "réformes fondamentales et structurelles du Conseil", sous la forme de modifications des traités. En particulier, le président de l'Union des Fédéralistes Européens se prononce pour un Conseil permanent formé de ministres aux Affaires européennes et pour le remplacement de la présidence semestrielle par une Présidence de deux ans et demi, et affirme que le Conseil doit se considérer comme une "Chambre des Etats" et pas comme un "gouvernement européen assumant à la fois des tâches législatives et exécutives".
Quant au Président du groupe du PPE-DE au Parlement, Hans-Gert Pöttering, il salue plusieurs suggestions du chancelier allemand et du Premier ministre britannique, mais souligne lui aussi que la Convention devra aborder également le problème du Conseil, et met en garde contre le danger que "le Conseil essaie maintenant de court-circuiter la Convention par des propositions de réforme unilatérales, afin d'assurer sa position dominante". Par ailleurs, il critique l'accent mis dans la lettre Schröder/Blair sur le rôle du Conseil: selon lui, il ne faut pas remettre en cause la structure institutionnelle de l'Union.