Bruxelles, 26/02/2002 (Agence Europe) - La Commission européenne doit proposer, ce mercredi, des modalités pour la création, en 2003, d'une banque euro-méditerranéenne (BEM). L'idée soutenue par le Président Romano Prodi et le Commissaire Pedro Solbes (dans une communication que devait adopter la Commission) consiste à créer une nouvelle banque à partir du « partenariat » mis en place à Barcelone en 1995 entre l'UE et les pays du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie), du Mashrek (Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Syrie, Autorité palestinienne) et de l'est de la Méditerranée (Chypre, Malte et Turquie). L'UE souscrirait 5 à 10 % d'un capital de 9 à 12 milliards d'euros, soit 90 à 360 millions d'euros par an entre 2003 et 2006.
La Commission reconnaît que les pays de la Méditerranée ne manquent pas de financements externes, mais estime que les opérateurs économiques de cette région souffrent d'un niveau trop faible d'investissements. Or, certains Commissaires émettraient des réserves non pas sur l'utilité de mettre en place un tel mécanisme de soutien financier, mais sur le fait de créer à cette fin un institut financier ex nihilo. Les services de Michaele Schreyer et de Poul Nielson, notamment, craignent les conséquences financières qu'une telle initiative aurait sur le budget communautaire. Ils estiment aussi qu'il serait préférable de poursuivre l'examen des autres options possibles, comme le renforcement du programme « Meda », ou la création d'une filiale de la Banque européenne d'investissement (BEI). Au cabinet du Président, on estimerait que seule une nouvelle banque spécialisée dans ce domaine pourrait remplir les objectifs poursuivis et que les risques de dérapages budgétaires sont limités.
La BEI, de son côté (qui a annulé une conférence de presse qui devait se tenir lundi dans la région méditerranéenne), n'a jamais ménagé ses efforts pour suggérer que cette banque soit créée à partir de ses propres structures (voir EUROPE du 8 février, p.12). Avec 1,5 milliard accordé dans les pays partenaires méditerranéens en 2001, la BEI met en avant qu'elle représente, de loin, la première source bancaire de financement de projets pour un développement durable de ces pays. Les financements de la BEI sont destinés à: - libéraliser l'économie en renforçant le secteur privé et en encourageant la modernisation du secteur bancaire local ; - assurer un développement durable par la création d'infrastructures de base consacrées en priorité à la protection de l'environnement (34% des prêts ont été consacrés à cet objectif en 2001) ; - soutenir l'émergence de projets de dimension régionale (pour garantir une plus grande stabilité à l'échelle de la région).