Bruxelles, 20/02/2002 (Agence Europe) - Dans une lettre au Président Prodi, le directeur général de la Confédération de l'industrie britannique (CBI, membre du patronat européen Unice), Digby Jones, s'inquiète de l'adoption d'un projet de directive européenne sur le travail intérimaire qui accorderait aux employés à titre temporaire les mêmes droits et le même salaire que les salariés liés par un contrat. Il demande donc "d'amender le projet de directive pour accorder aux Etats membres la discrétion d'appliquer la clause d'égalité des droits dans un sens compatible avec les systèmes nationaux existants". Une telle adoption "serait très dommageable pour le marché britannique de l'emploi, qui est un des plus flexibles en Europe avec 1,7 million d'employés temporaires généralement sous contrat avec des agences de placement", explique Digby Jones, qui ajoute « proposer les mêmes droits et les mêmes salaires aux agents temporaires et aux salariés à long terme d'une entreprise serait impraticable au Royaume-Uni, et les employeurs y répondraient en employant moins de salariés intérimaires, au détriment de toutes les personnes concernées ». M. Jones propose donc que les employés d'une agence intérimaire bénéficient de l'égalité des droits et des salaires au sein de leur agence de placement et non dans l'entreprise où ils sont placés à titre temporaire.
Thérèse de Liedekerke, directrice à l'Unice, a commenté: « Nous sommes d'accord sur la nécessité que les travailleurs intérimaires soient traités de manière correcte, et nous sommes d'accord sur le principe de non-discrimination au niveau européen. Mais il y a une différence avec les autres types de travail flexible. Dans le cas de l'agence intérimaire, il y a une relation triangulaire: l'agence de placement qui emploie l'intérimaire; l'intérimaire; l'entreprise utilisatrice de l'intérimaire. Il faut protéger l'intérimaire ou bien grâce au principe de non-discrimination par rapport au salarié, ou bien par un système de comparaison entre les salariés de la même agence employeur." Les négociations entre syndicats et patronat européens avaient capoté en 2001 sur la définition du "travailleur comparable" et Mme Diamantopoulou s'était engagée à proposer une législation en la matière (voir EUROPE des 28/29 mai 2001, p. 16 et du 2 juin 2001 p.13).