Bruxelles, 20/02/2002 (Agence Europe) - Sitôt annoncées les sanctions infligées par l'Union aux autorités du Zimbabwe pour entrave au déroulement d'élections présidentielles libres et démocratiques (voir EUROPE d'hier, p.7), les États-Unis ont exprimé, mardi, leur franc soutien à l'initiative européenne et annoncé qu'ils préparaient, eux aussi, des mesures restrictives analogues, ciblées sur l'élite politique du Zimbabwe "responsable ou tirant parti des agissements qui sapent les institutions démocratiques", selon les termes du porte-parole du Département d'État.
Au Parlement européen, le groupe socialiste s'est félicité de la décision de l'Union, estimant dans un communiqué, qu' "il s'agit de la bonne réponse à la provocation-camouflet aux règles de la démocratie" et que l'expulsion du chef de la mission européenne d'observation des élections au Zimbabwe, Pierre Schori (NDLR: qui a été aussi député européen), " peut être considérée comme un acte d'hostilité envers l'Union européenne". "Enfin, l'UE démontre l'indispensable détermination à l'égard du Zimbabwe": c'est ainsi que le conservateur britannique GeoffreyVan Orden, membre du Parlement européen, a commenté la décision du Conseil de l'Union d'imposer des sanctions ciblées au régime Mugabe. Selon lui, "il est maintenant vital que les mesures prises par l'UE soient coordonnées étroitement avec les Etats-Unis et d'autres acteurs clés". Ainsi, les pays voisins du Zimbabwe, et en particulier l'Afrique du Sud, doivent agir "avec résolution", affirme le député européen. Et il estime que l'Union européenne devrait déclarer qu'elle "ne reconnaîtra pas un dictateur maintenu au pouvoir au Zimbabwe par la violence politique et des élections truquées", et qu'elle devrait « réfléchir dès à présent à d'autres mesures qu'elle pourrait être obligée d'introduire si les actions hostiles du régime Mugabe se poursuivent ».
L'Afrique du Sud, dont 25 observateurs sont dûment accrédités à Harare, qualifie ces sanctions de "regrettables et inadéquates", dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères qui précise: "Nous estimons que ces sanctions n'atteindront pas le but recherché".
Du côté du Commonwealth, qui maintient sur place ses 12 observateurs, il semblerait que la décision éventuelle d'exclure le Zimbabwe de son sein n'interviendrait pas avant le déroulement du scrutin.