Bruxelles, 20/02/2002 (Agence Europe) - Après la rencontre entre le Commissaire à l'élargissement, Günter Verheugen, et le chef de la mission turque auprès de l'UE, Nihat Akyol (voir EUROPE d'hier, page 12), à propos du piratage de la messagerie électronique de la délégation de l'UE en Turquie, le Président de la Commission européenne Romano Prodi a eu mercredi un entretien téléphonique avec le Premier ministre turc Bülent Ecevit pour évoquer cette affaire et ses suites. Bien qu'aucune information n'ait filtré sur ce que se sont dit les deux hommes, il semble que la Turquie soit disposée à satisfaire aux exigences européennes - protection des communications au titre de la Convention de Vienne et décision de justice -, d'après un communiqué du ministère turc des Affaires étrangères du 19 février. Dans ce communiqué, le ministère déplore que les correspondances électroniques de la représentation de la Commission européenne aient été interceptées de l'extérieur et publiées dans la presse turque. Il rappelle que l'Etat qui agrée une mission étrangère sur son territoire autorise cette mission diplomatique à communiquer librement pour ses besoins officiels et est contraint de lui en assurer le libre exercice. Aussi, le ministère indique-t-il qu'il "a transmis immédiatement aux autorités compétentes la démarche effectuée par la Représentation de la Commission européenne en date du 8 février, relative à l'interception de sa correspondance" et que "ces autorités compétentes ont aussitôt porté l'affaire devant les autorités judiciaires". Et le communiqué conclut: "La Turquie est un Etat de droit. A ce stade, il n'est pas question d'intervenir d'aucune manière que ce soit dans le processus judiciaire. Nous avons pleine confiance en ce que nos autorités judiciaires, tenant compte de la liberté de communiquer garantie par notre Constitution de même que des privilèges des missions diplomatiques en matière de communication, garantis par la Convention de Vienne, mèneront l'affaire à sa conclusion dans les plus brefs délais".